À l’occasion du lancement officiel du Centre d’Excellence pour le Leadership et le Management pour le Développement de l’Afrique (CELMAD), Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du président Bassirou Diomaye Faye, a livré un diagnostic sans complaisance des lacunes qui freinent la transformation des États africains, plaidant pour une refonte profonde de la culture managériale au sein des administrations publiques.
Le haut responsable a d’emblée posé le cadre : la transformation de l’Afrique ne peut se faire sans une continuité des politiques publiques sur au moins vingt ans. Une vision de long terme que nos systèmes politiques peinent encore à intérioriser. « Nous n’avons aujourd’hui que très peu de cadres dotés des qualités et compétences requises pour élaborer des politiques publiques », a-t-il relevé, soulignant l’urgence de former une nouvelle génération de managers capables de concevoir, d’exécuter et de pérenniser des réformes structurelles.
Un management public à réinventer
S’appuyant sur des exemples concrets, Mary Teuw Niane a pointé l’absence quasi générale d’indicateurs de performance dans les ministères et établissements publics sénégalais. Là où certains pays asiatiques affichent et partagent ces indicateurs jusqu’au personnel d’appui, les responsables administratifs sénégalais peinent parfois à se rappeler les objectifs de leur propre contrat de performance. « Nous avons une vraie révolution à opérer dans le domaine du management », a-t-il tranché.
Il a également dénoncé ce qu’il appelle le « mythe de l’éternel recommencement » : des politiques publiques sans lendemain, un analphabétisme qui ne recule pas malgré des décennies de programmes d’alphabétisation, une couverture végétale qui s’amenuise en dépit des campagnes annuelles de reboisement, une autosuffisance alimentaire qui s’éloigne malgré les périmètres irrigués annoncés. Autant de signaux d’un déficit de management structurel que le CELMAD est appelé à contribuer à corriger.
Les STEM, condition sine qua non du développement
Mary Teuw Niane a par ailleurs insisté sur l’impératif des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques , les STEM, comme socle indispensable de toute stratégie de transformation. Il a déploré l’aversion, souvent viscérale, d’une grande partie des managers publics et privés pour ces disciplines, et proposé la création d’un certificat « minimum STEM » destiné aux décideurs et aux autorités politiques.
Une préoccupation partagée au plus haut niveau de l’État : le président Bassirou Diomaye Faye ne cesse d’appeler à la promotion des STEM dans tous les secteurs, et le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment réaffirmé leur caractère stratégique lors d’un Conseil des ministres.
Le CELMAD, au bon moment
Saluant la création du Centre, Mary Teuw Niane a estimé qu’il « arrive au bon moment », à l’heure où la stratégie nationale de développement du Sénégal 2024-2029 et l’agenda de transformation Sénégal 2050 exigent une administration publique plus performante, plus outillée et résolument tournée vers les résultats.
Pour Mary Teuw Niane, les pays africains qui rateraient le virage de l’intelligence artificielle, de la biotechnologie et des technologies émergentes risquent d’être « définitivement décrochés, non seulement des wagons du développement, mais aussi de la locomotive des décisions mondiales ». Une masse critique de compétences, a-t-il martelé, ne peut se former uniquement à l’extérieur.
-
Thiès: Cheikh Tidiane Dieng parraine le Gala des Légendes du Sport et s'adjuge le titre de Meilleur Jeune Entrepreneur de Thiès.
-
Visa fantôme : elle empoche plus de 6 millions FCFA et disparaît dans la nature
-
L'ex-chef de la diplomatie iranienne impute l'échec des pourparlers aux exigences américaines
-
Vance quitte le Pakistan après l'échec des négociations avec l'Iran
-
L'Iran affirme que les "demandes déraisonnables" des Etats-Unis ont fait échouer les négociations


