Il y a des hommes d’État qui marquent une époque. Et puis il y a ceux qui marquent des vies. Abdoulaye Wade fait partie de cette seconde catégorie.
À l’occasion de ses 100 ans, beaucoup parleront de son œuvre politique, de ses combats, de son parcours exceptionnel, de son rôle dans l’histoire
du Sénégal et de l’Afrique. D’autres rappelleront l’opposant infatigable, le démocrate, le bâtisseur ou le visionnaire. Tout cela est vrai.
Mais moi, aujourd’hui, je voudrais parler de ma part de Wade. La part intime. La part humaine. Celle que l’on ne voit pas toujours derrière la stature du personnage historique.
J’ai eu le privilège de travailler à ses côtés, de l’observer, de l’écouter, de le servir modestement. Et dans cette proximité, j’ai découvert un homme d’une intelligence rare, d’une mémoire impressionnante, d’une curiosité intacte, mais surtout d’une extraordinaire attention envers ceux qui l’entouraient.
Un jour, devant de nombreux témoins, il a eu cette phrase que je n’oublierai jamais :
« Celui-là, sa force, c’est qu’il réagit au quart de tour quand j’ai une demande, avec une extrême efficacité et compétence, sans jamais demander une aide financière et surtout sans rechercher une quelconque visibilité. »
Ces mots, venant d’un homme qui a connu tant de collaborateurs, tant de responsables et tant d’hommes de pouvoir, ont eu pour moi une valeur immense. Non pas comme une récompense politique, mais comme une reconnaissance humaine.
Car servir un homme comme Wade exigeait plus que des compétences. Il fallait de la loyauté, de la réactivité, du travail, de la discrétion et une capacité à comprendre sa vitesse de pensée. Avec lui, il fallait être prêt avant même que la demande ne soit formulée entièrement.
J’ai appris auprès de lui que la politique pouvait être une école d’endurance, d’intelligence et de dépassement de soi. J’ai appris aussi que la vraie proximité avec le pouvoir ne se mesure ni au bruit ni à l’exposition médiatique, mais à la confiance silencieuse.
À 100 ans, Abdoulaye Wade appartient désormais à l’Histoire. Mais pour beaucoup d’entre nous, il reste aussi une mémoire vivante, un style, une voix, une exigence, une manière de penser et d’agir.
Chacun porte sa part de Wade.
Voici la mienne.
Bon anniversaire, Monsieur le Président.
Babacar DIAGNE - Journaliste
Ancien Conseiller spécial chargé de la Communication du Président Abdoulaye Wade
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