Le Dr Massiring Savané, responsable départemental And Jëf/Pads/Authentique s’est exprimé à notre micro sur les deux ans du duo Diomaye-Sonko.
Ainsi, il a dressé un bilan « sombre » de ces deux premières années dans tous les secteurs que sont l’économie, l’éducation, la diplomatie, la justice, la dette cachée.
Dans cet entretien, il soutient que l'actuel régime est non seulement « incapable » de réaliser ses promesses, mais aussi s’éloigne de la « réalité » sociale. En ce sens, il a passé en revue les scandales présumés de l’ASER et de l’ONAS entre autres.
La crédibilité du pays en cause…
À l’en croire « l’économie rime avec la confiance et celle-ci est aujourd’hui érodée. Ce qui fait qu’actuellement, on a des crédits avec des taux tellement élevés que nous risquons d’aller vers des fonds vautours qui seront encore des charges lourdes pour le pays. D’ailleurs avec le régime de Macky Sall, on savait où allait l’argent de la dette. » Aujourd’hui, avance-t-il, « on a englouti des dizaines de milliards de f cfa sans pointer aucune réalisation du doigt à part la statue de Lat-Dior qui ne ressemble même pas à ce dernier. C’est pourquoi, qu’est-ce qu’on peut nous montrer comme bilan du Pastef, sinon rien? En effet, la crise économique touche tous les secteurs, notamment le bâtiment, l’agriculture, la pêche, l’éducation, la santé, la presse, le transport, la justice. S'y ajoute, la rupture du pacte social avec 30 mille licenciements, le déguerpissement des marchands ambulants... »
Dans la foulée, il déplore : « à la place de la reddition des comptes, on nous sert le règlement de comptes. D'ailleurs, la justice est en crise parce qu’elle est mal perçue, car au bout du compte du fait de la précipitation et d'une certaine volonté de revanche, tous ceux qui ont été arrêtés sont libérés par manque de preuves ou on cherche d’autres motifs pour les maintenir en détention. C’est le cas de Farba Ngom qui a été accusé de tous les maux, et aujourd’hui, on se rabat sur des questions de téléphone portable. C’est vraiment scandaleux! »
On nous a vendu la haine…
« L’espace politique est pollué aujourd’hui car on nous a vendu la haine. D’ailleurs, je pense que le Pastef est venu au pouvoir avec un esprit de revanchard tel que la justice risque d’être dévoyée. Par exemple, on emprisonne nos hommes d’affaires comme Khadim Ba, Mahamadan Sarr, Samuel Sarr entre autres. S’ils étaient libres, ces derniers auraient pu alléger les souffrances des sénégalais, mais hélas... »
Une restriction des libertés d’expression…
Sans gants, il estime « qu'aujourd'hui, la presse est étouffée par ce régime qui prônait pourtant le contraire. C’est comme si on avait une presse acquise à leur cause et l’autre vouée aux gémonies. Qui pouvait penser qu'avec Pastef au pouvoir, on convoquerait des chroniqueurs pour des délits d’opinion. Et cerise sur le gâteau, on vous met un bracelet électronique assorti d’une assignation à résidence pour les faire taire. Le Sénégal ne mérite pas cela car il y a eu beaucoup d’avancées en matière de liberté d’expression et individuelle. »
Sur la diplomatie, il dira : « elle a dégradé l’image du pays qui était bien appréciée a l’étranger. D’ailleurs, le Sénégal était champion en matière de diplomatie malgré qu’il soit petit par la taille. Par exemple à la fête de l’indépendance de 1960, il y avait près de 70 représentations diplomatiques. » Aujourd’hui, soutient-il, « on a des difficultés, car ceux qui sont là ont des amis qui ne sont pas les amis de l’Afrique, notamment des putschistes (AES). Et nous ne voulons pas promouvoir en Afrique le panafricanisme des « coups d’État » mais celui des peuples prôné par Kwame Nkruma, Patrice Lumumba ou Nelson Mandela. »
Dans cette lancée, il poursuit : « nous notons aussi la crise institutionnelle. En ce sens, on a élu un président mais nous constatons que nous avons un pouvoir bicéphale. D’ailleurs, cette crise se fait entrevoir à travers deux coalitions. Et nous pensons avoir voté pour un président tout en estimant que le fauteuil présidentiel n’est pas un canapé encore moins un banc public. Dans la foulée, même le protocole n’est pas respecté… »
Crise intellectuelle et morale…
« Le niveau du débat au Sénégal est à déplorer. Aujourd’hui, les réseaux sociaux et les insultes ont pris le dessus sur le débat public. À cet effet, il n'y a pas de vrais débats qui intéressent les sénégalais comme l’économie, l’agriculture ou l’artisanat. Bref, le Sénégal fait face à un régime qui n’était pas préparé pour venir au pouvoir », laisse-t-il entendre.
Scandales ASER, ONAS, indemnisation…
Selon lui, « on déplore les indemnisations de victimes sans que la justice ne se prononce. Et cela devra certainement faire l’objet d’enquête plus tard s’ils perdent le pouvoir. À cela, il faut ajouter les scandales de l’ASER et de l’ONAS. D’ailleurs, c’est en pleine campagne que le PM a blanchi le directeur de l’ASER pour dire qu’il n’est pas fautif. Dans cette lancée, on ne peut pas être juge et partie. C’est pourquoi, je crois qu’il faudrait une vraie commission pour faire la lumière sur ces affaires. »
« J’avoue qu’au départ beaucoup de concitoyens avaient nourri un grand espoir pour ce tandem. Mais au fil du temps, les jeunes et la population sont en train de se lasser du régime avec les promesses non tenues. Et pour des raisons électorales, Pastef a parlé de « dette cachée, or deux mois avant, le FMI avait parlé de clignotants au vert. L’institution était même prête à débourser 1,8 milliard de dollars pour le pays. » Finalement, ils ont été confrontés à la réalité et on leur a demandé d’apporter les preuves de leur affirmation. C’est ainsi qu’ils ont fait commandité un rapport auprès du cabinet Mazars qui est encore plus caché que la dette dite cachée. Aucune preuve n’est mise aujourd’hui, à la disposition des sénégalais... » conclura-t-il.
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