Journée morte / Les kinésithérapeutes haussent le ton : « Les gens ne donnent pas de l’importance à notre métier… Il est grand temps que l’État signe le décret » (Cheikh Seck)


À la suite du constat fait dans les salons de massage et salles de sport qui pullulent, et dont les employeurs et employés ne sont souvent dotés d’aucune qualification pour exercer ce métier, les kinésithérapeutes ont décrété une journée morte ce lundi.

En effet, l’association sénégalaise des kinésithérapeutes a tenu un  point de presse au sein de l’Ecole Nationale de Développement Sanitaire et Social (ENDESS) -le seul établissement existant dans le pays qui forme les professionnels du massage- pour dénoncer les problèmes rencontrés dans leur secteur.

Le scandale « sweet beauté » a certes servi de prétexte, mais cette anarchie qui a lieu dans le secteur, date de longtemps malgré les nombreuses interpellations de l'État par les professionnels. Selon Cheikh Seck, le  président de l’association, l’Etat fait la sourde oreille : « malheureusement nous constatons que les gens ne donnent pas d’importance ni  à notre plan de carrière ni au  code de l’encadrement de l’exercice de cette profession.

On a rencontré les autorités depuis Eva Marie Seck pour demander de réglementer le secteur…il est grand temps qu’on arrête. »

Les professionnels du massage ont aussi soulevé le problème lié à la formation. À en croire leur porte-étendard, le besoin est là : « au Sénégal nous n’avons que 70 kinésithérapeutes ce qui signifie qu’on est très loin du ratio  normal. Et même d’ici à 5 ans si on formait 50 kinésithérapeutes, on ne comblera pas le gap », a précisé Pr Cheikh Seck, d’où l’urgence de former et de recruter.

D'ailleurs, c’est cette situation qui aurait causé ce dérapage noté dans le secteur poussant les gens à convoiter les salons de massage clandestins.

Ainsi, cela fait trois années que le concours d’entrée n’est pas ouvert faute de signature du décret pour appliquer les réformes dans l’ENDSS, ceci déposé depuis 2009. Compte tenu de tout cela, les kinésithérapeutes menacent de prendre des mesures sévères : « si l’Etat ne réglemente pas, nous quitterons la fonction publique  pour aller ouvrir nos propres cabinets et nous faire de l’argent... »
Lundi 15 Février 2021
Dakaractu




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