Plus de 180 millions de personnes vivent dans le bassin du fleuve Niger, un espace vital partagé par le Burkina Faso, le Niger, le Bénin, le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Libéria, le Tchad et le Cameroun. Au-delà de son rôle stratégique pour l’agriculture et l’énergie, le fleuve constitue la principale source d’eau potable de nombreuses grandes villes, confrontées à une urbanisation rapide et à une pression démographique croissante.
« Les investissements dans le secteur de l’eau tiennent encore trop peu compte des connaissances sur les ressources disponibles. Dans certaines villes du bassin, nous avons jusqu’à trois millions d’habitants, avec une urbanisation et une croissance démographique galopantes, ce qui entraîne une augmentation continue de la demande en eau », a alerté Kocou Armand Houanye, Secrétaire exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN).
Il s’exprimait lors de la Réunion préparatoire de haut niveau sur la Conférence des Nations unies sur l’Eau 2026, tenue à Dakar du 26 au 27 janvier, à l’occasion d’un panel organisé par le Pan African Consortium of Experts (PACE) et la Plateforme des organisations de la société civile pour l’eau et l’assainissement au Sénégal (POSCEA).
Six thématiques pour porter la voix de la société civile
Selon Dr Seydina Ousmane Sène, directeur de PACE, cette rencontre préparatoire s’articule autour de six thèmes interactifs : « l’eau pour les populations », « l’eau pour la prospérité », « l’eau pour la coopération », « l’eau dans les processus multilatéraux », et « les investissements pour l’eau ».
« Pour chacun de ces axes, la société civile portera des messages précis afin de contribuer à l’atteinte de l’Objectif de développement durable (ODD 6) à l’horizon 2030 », a-t-il expliqué.
Économie circulaire et recherche scientifique comme leviers
Parmi les pistes de solutions avancées, l’ABN plaide pour le développement de projets structurants capables de mobiliser des financements, tout en s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire.
« Nous ne devons plus considérer les eaux usées et les déchets comme des problèmes, mais comme des ressources permettant de produire de l’énergie, des fertilisants et de soutenir l’agriculture urbaine », a soutenu Kocou Armand Houanye.
La recherche scientifique est également appelée à jouer un rôle déterminant, notamment pour adapter les normes de construction des ouvrages d’eau et d’assainissement face à l’intensification des inondations et des événements climatiques extrêmes.
Les échanges ont ainsi porté sur le thème : « Coopération transfrontalière et résilience climatique en Afrique : diplomatie des bassins et innovations WASH urbaines pour une contribution au développement durable ».
Les villes, à la fois problème et solution
Sur la base de ces constats, les experts ont insisté sur la nécessité d’associer pleinement les villes à la planification des réponses.
« Il est essentiel d’intégrer les villes dans la planification des investissements à l’échelle des bassins transfrontaliers. Nous nous engageons dans un processus de vision partagée pour le développement durable des bassins », a déclaré François Xavier Imbert, expert en Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) au Réseau international des organismes de bassin (RIOB).
S’il reconnaît que les villes sont souvent à l’origine des problèmes tels que la pollution des cours d’eau, production massive de déchets, occupation anarchique des lits fluviaux, le spécialiste estime qu’elles doivent aussi être au cœur des solutions.
« Les villes sont à la fois des problèmes et des solutions. Aucune solution durable aux défis des bassins ne peut être envisagée sans elles », a-t-il souligné.
Changer de paradigme face au climat
De son côté, Dr Dibi Millogo, directeur exécutif adjoint de l’Autorité du Bassin de la Volta qui couvre 400 000 km², concerne 35 millions d’habitants et plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest , a appelé à une rupture dans les approches actuelles.
« Les changements climatiques ne respectent pas les frontières, mais nos politiques publiques et nos budgets restent encore trop cloisonnés », a-t-il regretté.
WASH urbain et nouvelles normes d’infrastructures
Les participants se sont également penchés sur la thématique : « La vue depuis les villes : besoins et innovations WASH Questions/Réponses ».
À ce titre, Blaise Faye, directeur de l’Exploitation et de la Maintenance de l’Office national de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), a évoqué la prise en compte progressive des effets du changement climatique dans la conception des ouvrages d’eaux pluviales.
« Le retour de pluies exceptionnelles a mis à rude épreuve les infrastructures existantes. Un changement de paradigme s’impose », a-t-il indiqué, plaidant pour des ouvrages fondés sur des données scientifiques probantes et des évidences issues de la recherche.
La rencontre s’est achevée sur une série de recommandations, appelant à une gouvernance intégrée, transfrontalière et résiliente de l’eau, à la hauteur des défis climatiques et urbains actuels.
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