Globe-trotter chez Ousmane Sonko : État des lieux et constat au lendemain des manifestations.


Route barrée sur plus de 200 mètres. La cité Keur-Gorgui barricadée ressemble à un quartier en quarantaine qui abrite un dangereux prisonnier.

L’accès est interdit à toute personne ne résidant pas dans le quartier y compris les journalistes. Seuls les habitants ont le droit de circuler. Un droit auquel ils ont renoncé car on ne constate pas l’ombre d’une personne aux alentours.

L’ancien siège du Programme des Domaines Agricoles (PRODAC) saccagé hier était également hors de portée des caméras.

Quelques autorités de la classe politique, de l'opposition et de la société civile, venus apporter leur soutien ont gratifié la presse d’un défilé chez le leader de l’opposition Ousmane Sonko

 

Moustapha Mamba Guirassy et Toussaint Manga ont ouvert le bal. Ils sont venus s’enquérir de leur collègue député, qui s'est terré depuis dimanche chez lui loin des militants et des badauds, mais surveillé comme du lait sur le feu par la police qui a fini de bunkeriser le secteur en fermant toutes les issues qui mènent au domicile du candidat arrivé 3ème à la présidentielle de 2019. Vers les coups de 13 heures, il est annoncé d'autres pontes de la classe politique à la porte pour suivre le protocole. Cheikh Guèye était du peloton.

 

Au-delà des hommes politiques, le mouvement citoyen avec la présence du mouvement Y'en a marre avec à leur tête, Aliou Sané, coordonnateur du mouvement accompagné de Kilifeu et de Simon Kouka. 


À sa sortie, l’activiste et coordonnateur du mouvement Y'en a marre, Aliou Sané est revenu sur les tenants de cette visite rendue à Ousmane Sonko.

« Nous avons vu le cas de Karim Wade et Khalifa Sall qui, à l’évidence, ont été des prisonniers politiques et c’est dans ce sens que nous avons voulu réagir en ayant une conversation avec le leader de l’opposition. Cette visite est l’acte 1 de notre plan, nous avons conforté et renforcé Ousmane Sonko… »

 

Interpellé sur l’état d’esprit du leader de l’opposition, le coordonnateur de Y’en a marre confiera : «  Nous avons trouvé un homme très serein », avant de poursuivre sans s’attarder sur la question, qu’ «  au-delà de la personne de Sonko, il s’agit de la démocratie d’un pays et que  tout sénégalais qui pense à l’avenir et qui a des principes par rapport à la bonne gouvernance, doit se mobiliser. »

 
« Ce que j’ai vu me rappelle certains pays et Sonko est presque en résidence surveillée »

 

Aliou Sané ne s’est pas arrété là, car il a décrit à la presse son ressenti lorsqu’il est arrivé sur les lieux. Il se dit outré et choqué de l’ampleur de cette affaire. Il déclare dans son discours « ce que j’ai vu aujourd’hui me rappelle certains pays et Sonko est presque en résidence surveillée ». Une situation que le coordonnateur déplore et considère comme une récidive de la part du président de la République en s’appuyant sur les cas d’arrestation de Karim Wade et de Khalifa Sall.

 

Fidèle à sa casquette d’activiste, le coordonnateur annonce une résistance lors de son « point de presse » en pointant du doigt le président de la République auquel il s'est adressé par le canal des médias, mot pour mot : « que Macky Sall ne crée pas les conditions de brûler ce pays », termine-t-il.

Mardi 9 Février 2021
Dakaractu



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