Fête du 1 mai : les jeunes paramédicaux ruent dans les brancards.


Le collectif national des jeunes paramédicaux du Sénégal a tenu un point de presse pour déplorer les conditions de travail des paramédicaux qui regroupent les infirmiers, les sages-femmes, les assistants infirmiers, les techniciens supérieurs, les techniciens de surface, les techniciens de laboratoire qui sont délaissés depuis des années. 

 

À travers leur chargé de communication et des revendications, Ismaïla Fall, le collectif a listé un certain nombre de maux qui gangrènent le secteur de la santé. Le problème de l'insertion des diplômés en santé avec une qualification reconnue a été soulevé par ces jeunes paramédicaux. Ainsi, ils constatent avec amertume que les personnes formées et qualifiées ne sont pas recrutées dans la fonction publique en lieu et place de personnes non qualifiées et que même s'ils sont recrutés, ils sont confrontés à des problèmes d'avancement avec des salaires misérables. Le chargé de la communication et des revendications n'a pas manqué de dénoncer leurs conditions de travail. 

 

Ces jeunes rappellent au président de la République que le secteur sanitaire a un déficit de personnel infirmier de plus de 1.000 agents, un déficit de plus de 500 sages-femmes, de plus de 200 techniciens supérieurs, de plus de 500 assistants infirmiers. "Le paradoxe est que le système a formé un nombre aussi important que ce nombre, dont il a besoin," dira le porte-parole du collectif. Il ajoute qu'ils sont plus de 2.000 à 3.000 chômeurs diplômés d'État à l'issue d'une formation qui était extrêmement difficile. 


Application du système LMD longtemps réclamée. 

Par ailleurs, ils interpellent les autorités sanitaires sur la question globale du système LMD et ils jugent que les problèmes cités en-dessus peuvent être résolus par l'application du système LMD longtemps réclamée. 

 

"Le Sénégal a ratifié la convention de l'organisation Ouest africaine de la Santé, mais le Sénégal reste le seul pays dans cette convention qui n'est pas encore allé au système LMD et les raisons nous les connaissons tous. C'est un groupe de personnes qui se trouve au ministère de la santé qui ne veut pas sortir sa main sur les établissements publics comme privés de santé parce qu'il y a une manne financière qui est déposée par ces établissements privés pour la préparation des examens de certification que les infirmiers, sages-femmes techniciens et assistants doivent faire pour sanctionner leur formation," regrette le porte-parole. Sur ce, ils ont interpellé des organes de contrôle de l'État pour qu'ils vérifient cette manne financière estimée à des centaines de millions de francs.  

 

Ils estiment que c'est inimaginable qu'un ministère sectoriel gère la formation des étudiants qui, à la limite, ont un niveau supérieur à ceux qui sont recrutés dans ce ministère. 

 

 

Le collectif rejette également le projet de décret qu'ils nomment le décret de la honte parce que celui-ci a été l'œuvre des acteurs du ministère de la Santé à l'insu de ceux qui sont directement concernés. 

 

Dans un autre registre, ils font savoir que dans le cadre de la prise en charge de la Covid-19, il y a de dignes Sénégalais qui ont fait le choix d'aller servir le secteur de la santé et qui sont restés plus de 4 mois sans percevoir leurs salaires au moment où les dirigeants des hôpitaux utilisent l'argent destiné à payer ces gens à des futilités. 

 

Ils appellent les jeunes paramédicaux adhérents dans ces syndicats de les quitter, car ils ne se préoccupent guère du sort et du bien-être des paramédicaux. "Je leur demande de ne plus accepter d'être dirigés par des vieux qui sont à la retraite et qui s'accrochent toujours à des intérêts financiers", a-t-il dit.  

 

Ainsi, le chargé de communication du collectif conclut en lançant un élan de solidarité à ces paramédicaux de Kolda qui ont été "gazés" simplement parce qu'ils réclamaient des conditions de travail meilleures...

Dimanche 2 Mai 2021
Dakaractu



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