Ce que beaucoup prenaient pour une simple habitude de loisir, un moment de détente entre amis autour d'un narguilé parfumé, s'avère être bien plus dangereux. Le 7 juillet 2026, le Mali a signé un nouvel arrêté interministériel instaurant l'interdiction totale de la chicha sur l'ensemble du territoire national, avec des sanctions considérablement durcies. Derrière cette décision, une réalité alarmante que les analyses scientifiques ont fini par mettre à nu.
Une fumée qui cache bien son jeu
Longtemps présentée comme une alternative au tabac classique, la chicha ou narguilé a envahi les terrasses, les bars et les clubs de Bamako ces dernières années. Mais selon l'Office central de lutte contre les stupéfiants (OCS), la réalité est tout autre. Le Laboratoire national de santé a analysé par réquisition plusieurs échantillons de produits utilisés dans la chicha à Bamako. Le verdict est sans appel : des produits stupéfiants ont été retrouvés dans la totalité des échantillons examinés haschich, Kusch, crack et médicaments détournés de leur usage pharmaceutique. « La chicha était à l'origine destinée à la consommation du tabac, mais aujourd'hui cette consommation est détournée en servant de moyen de consommation de drogues », a déclaré le chargé de communication de l'OCS, Ousmane Diakité.
Une jeunesse en danger
Les chiffres sont vertigineux. Selon une thèse élaborée à la faculté de médecine de Bamako, 80% des jeunes dont la tranche d'âge varie entre 17 et 25 ans consomment de la chicha dans certaines communes de Bamako. Une proportion alarmante qui a fini par convaincre les autorités d'agir. « Cette tranche d'âge est la population juvénile. Si une population juvénile s'adonne à la consommation de drogue, cela menace la santé publique », a averti un responsable du ministère de la Santé.Les risques médicaux sont multiples : cancers de la bouche, de l'estomac, de l'œsophage et broncho-pulmonaires, attaques cardiaques et cérébrales. Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés aux effets du tabac passif lors des sessions collectives.
Un arrêté qui ne plaisante pas
Le nouvel arrêté interministériel abroge l'arrêté du 15 août 2022 et instaure une interdiction totale de la chicha sur l'ensemble du territoire national. Désormais, sont interdits l'importation, la production, la distribution, la vente, la commercialisation, la détention, la publicité, l'apologie et l'usage de la chicha, du tabamel, des arômes qui lui sont destinés ainsi que de tout dispositif similaire.Les sanctions sont à la hauteur de la gravité du problème. La production et l'importation sont punies d'une peine de 1 à 3 ans d'emprisonnement et d'une amende de 5 à 15 millions de FCFA. Tout établissement servant de lieu de stockage ou de consommation pourra être fermé pour une durée de 6 à 12 mois, avec fermeture définitive en cas de récidive. En cas de récidive, toutes les peines sont automatiquement doublées. Le contrôle de l'application du texte est confié à la Police nationale, à la Gendarmerie, aux Douanes et à l'Office central des stupéfiants.
Un secteur économique frappé de plein fouet
L'interdiction ne va pas sans conséquences économiques. Les clubs de chicha sont environ 200 à Bamako et environ 3 000 jeunes vivent de la chicha. Vendeurs, distributeurs, propriétaires de clubs et de bars tous se retrouvent du jour au lendemain privés d'une source de revenus parfois principale. Le président de l'Association des promoteurs et distributeurs de chicha au Mali, Mamadou Diawara, a appelé à « une analyse plus poussée du problème », estimant que l'interdiction risque d'aggraver le chômage des jeunes.
La chicha dans l'ombre : le défi de l'application
L'interdiction ne date pas d'aujourd'hui. Un premier arrêté avait déjà été pris en 2022, mais son application s'est heurtée à une réalité tenace : la chicha ne s'est pas éteinte, elle s'est réinventée. À Bamako, les commandes passent désormais par téléphone et messageries cryptées, les livraisons se font via des réseaux de confiance, et les prix ont grimpé, intégrant la « prime de risque » liée à l'interdiction. Le marché souterrain a même aggravé les risques sanitaires : en sortant du cadre légal, les produits échappent à tout contrôle de qualité, avec des risques accrus de mélanges toxiques.C'est précisément pour corriger cet échec que les autorités ont décidé de durcir considérablement le dispositif avec ce nouvel arrêté de juillet 2026, une tolérance zéro, des sanctions beaucoup plus lourdes, et une mobilisation de l'ensemble des forces de sécurité pour en garantir l'application.
Protéger la jeunesse, l'enjeu central
Derrière les chiffres et les sanctions, c'est bien la jeunesse malienne qui est au cœur de cette décision. À travers cet arrêté conjointement signé par les ministres de la Sécurité, de la Justice, de la Santé, de l'Économie, de l'Industrie et de la Jeunesse, l'État malien envoie un message clair : la protection de sa population, et notamment de ses jeunes, n'est pas négociable. La fumée parfumée de la chicha avait longtemps masqué sa véritable nature. Le Mali a choisi de dissiper le nuage.
Une fumée qui cache bien son jeu
Longtemps présentée comme une alternative au tabac classique, la chicha ou narguilé a envahi les terrasses, les bars et les clubs de Bamako ces dernières années. Mais selon l'Office central de lutte contre les stupéfiants (OCS), la réalité est tout autre. Le Laboratoire national de santé a analysé par réquisition plusieurs échantillons de produits utilisés dans la chicha à Bamako. Le verdict est sans appel : des produits stupéfiants ont été retrouvés dans la totalité des échantillons examinés haschich, Kusch, crack et médicaments détournés de leur usage pharmaceutique. « La chicha était à l'origine destinée à la consommation du tabac, mais aujourd'hui cette consommation est détournée en servant de moyen de consommation de drogues », a déclaré le chargé de communication de l'OCS, Ousmane Diakité.
Une jeunesse en danger
Les chiffres sont vertigineux. Selon une thèse élaborée à la faculté de médecine de Bamako, 80% des jeunes dont la tranche d'âge varie entre 17 et 25 ans consomment de la chicha dans certaines communes de Bamako. Une proportion alarmante qui a fini par convaincre les autorités d'agir. « Cette tranche d'âge est la population juvénile. Si une population juvénile s'adonne à la consommation de drogue, cela menace la santé publique », a averti un responsable du ministère de la Santé.Les risques médicaux sont multiples : cancers de la bouche, de l'estomac, de l'œsophage et broncho-pulmonaires, attaques cardiaques et cérébrales. Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés aux effets du tabac passif lors des sessions collectives.
Un arrêté qui ne plaisante pas
Le nouvel arrêté interministériel abroge l'arrêté du 15 août 2022 et instaure une interdiction totale de la chicha sur l'ensemble du territoire national. Désormais, sont interdits l'importation, la production, la distribution, la vente, la commercialisation, la détention, la publicité, l'apologie et l'usage de la chicha, du tabamel, des arômes qui lui sont destinés ainsi que de tout dispositif similaire.Les sanctions sont à la hauteur de la gravité du problème. La production et l'importation sont punies d'une peine de 1 à 3 ans d'emprisonnement et d'une amende de 5 à 15 millions de FCFA. Tout établissement servant de lieu de stockage ou de consommation pourra être fermé pour une durée de 6 à 12 mois, avec fermeture définitive en cas de récidive. En cas de récidive, toutes les peines sont automatiquement doublées. Le contrôle de l'application du texte est confié à la Police nationale, à la Gendarmerie, aux Douanes et à l'Office central des stupéfiants.
Un secteur économique frappé de plein fouet
L'interdiction ne va pas sans conséquences économiques. Les clubs de chicha sont environ 200 à Bamako et environ 3 000 jeunes vivent de la chicha. Vendeurs, distributeurs, propriétaires de clubs et de bars tous se retrouvent du jour au lendemain privés d'une source de revenus parfois principale. Le président de l'Association des promoteurs et distributeurs de chicha au Mali, Mamadou Diawara, a appelé à « une analyse plus poussée du problème », estimant que l'interdiction risque d'aggraver le chômage des jeunes.
La chicha dans l'ombre : le défi de l'application
L'interdiction ne date pas d'aujourd'hui. Un premier arrêté avait déjà été pris en 2022, mais son application s'est heurtée à une réalité tenace : la chicha ne s'est pas éteinte, elle s'est réinventée. À Bamako, les commandes passent désormais par téléphone et messageries cryptées, les livraisons se font via des réseaux de confiance, et les prix ont grimpé, intégrant la « prime de risque » liée à l'interdiction. Le marché souterrain a même aggravé les risques sanitaires : en sortant du cadre légal, les produits échappent à tout contrôle de qualité, avec des risques accrus de mélanges toxiques.C'est précisément pour corriger cet échec que les autorités ont décidé de durcir considérablement le dispositif avec ce nouvel arrêté de juillet 2026, une tolérance zéro, des sanctions beaucoup plus lourdes, et une mobilisation de l'ensemble des forces de sécurité pour en garantir l'application.
Protéger la jeunesse, l'enjeu central
Derrière les chiffres et les sanctions, c'est bien la jeunesse malienne qui est au cœur de cette décision. À travers cet arrêté conjointement signé par les ministres de la Sécurité, de la Justice, de la Santé, de l'Économie, de l'Industrie et de la Jeunesse, l'État malien envoie un message clair : la protection de sa population, et notamment de ses jeunes, n'est pas négociable. La fumée parfumée de la chicha avait longtemps masqué sa véritable nature. Le Mali a choisi de dissiper le nuage.
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