Le Conseil National du Patronat (CNP) a reçu la vice-présidente et ministre du Travail et de l’Économie sociale d’Espagne, venue au Sénégal s’enquérir de la manière dont se mène le dialogue social dans le pays et échanger sur les perspectives de renforcement de la relation entre les deux nations.
Le président du CNP, Baïdy Agne, a salué le travail mené par la ministre espagnole depuis près de six ans dans le dialogue social en Espagne, un dialogue qui a permis à l’économie ibérique de créer de nombreux emplois. Selon lui, ces échanges devraient inspirer les autorités sénégalaises à s’ouvrir davantage aux partenaires sociaux pour avancer.
Concernant les domaines de coopération économique entre les deux pays, le président du CNP a évoqué plusieurs secteurs abordés lors de cette rencontre, notamment le tourisme, l’économie circulaire, les problématiques migratoires ainsi que l’insertion dans les secteurs agricoles et halieutiques. Il a rappelé que l’Espagne demeure un pays extrêmement dynamique avec lequel le Sénégal entretient des échanges dans de nombreux domaines, notamment l’hôtellerie, très prisée par les touristes espagnols.
Interrogé sur la situation du secteur privé sénégalais, Baïdy Agne a reconnu que celui-ci traverse une période difficile. Il a rappelé les différentes décisions prises en Conseil des ministres concernant le paiement de la dette intérieure, tout en indiquant que le patronat reste sur sa faim et espère que ces annonces seront désormais suivies d’effets. Le président du CNP a précisé être resté volontairement discret sur cette question, le pays traversant une période de discussions sensibles avec ses partenaires étrangers, estimant qu’il n’était pas de son rôle, en tant que représentant de la première organisation patronale du Sénégal, d’envenimer le débat. Il a néanmoins souligné que les entreprises les plus affectées par la dette intérieure sont précisément celles qui sont membres du CNP, notamment les majors du BTP et les acteurs du secteur pétrolier.
Le président du CNP a appelé l’État à avancer rapidement dans ses discussions avec l’ensemble de ses partenaires techniques et financiers, en particulier le FMI, afin que le pays retrouve une marge de liberté budgétaire suffisante pour honorer en priorité sa dette intérieure, avant même la question de la dette extérieure souvent évoquée. Il a insisté sur la nécessité que les annonces gouvernementales se traduisent enfin en actes concrets, réaffirmant la solidarité des entrepreneurs avec leur État dans les négociations en cours avec les bailleurs, dans l’optique de retrouver la dynamique d’investissement public nécessaire à la relance économique.
Sur les mesures à prendre, Baïdy Agne a réaffirmé que l’apurement de la dette envers les entreprises demeure un préalable absolument fondamental, faute de quoi le pays continuerait de faire peser un endettement excessif sur les sociétés, dans un contexte déjà marqué par l’absence d’investissement public, ce qui se traduirait inévitablement par des licenciements. Il a plaidé pour un dialogue renforcé et la recherche de mécanismes permettant d’accélérer le règlement de la question de la dette et des relations avec les partenaires techniques et financiers. Le président du CNP a par ailleurs averti que la situation économique des entreprises risque de se dégrader davantage sur le plan de l’emploi, rappelant qu’au moment de son intervention, les travailleurs évoquaient déjà l’éventualité d’une grève générale, dénonçant le non-respect de certains engagements pris dans le cadre du pacte de stabilité sociale, notamment sur la question des licenciements.
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