‘’ Dorénavant, toute personne qui fait du Waqf peut être rassurée et assurée que l’Etat va l’accompagner’’ (Racine Ba, Dg HAW)


La Haute autorité du Waqf (Haw) est déterminée à prendre à bras le corps la mission qui lui est assignée. C’est d’ailleurs pour relever les défis et promouvoir cette pratique définie comme l’aumône durable, qu’elle a jugé bon d’impliquer dans ses actions la Ligue des Imams et prédicateurs du Sénégal (Lips).
 
Les deux structures ont bouclé, en ce sens, ce week-end, une série d’activités à Saint-Louis. Il s’agit de visites de proximité auprès de quelques autorités religieuses, mais aussi d’un atelier d’information et de partage à l’attention des imams et prédicateurs de cette ville tricentenaire. Et ce, pour amener les populations à plus de conscience quant à cette opportunité qui leur est offerte d’alléger leurs souffrances et les inviter à s’impliquer dans le plaidoyer.
 
Une rencontre présidée par El Hadj Gora Sèye, au nom du gouverneur de Saint-Louis, empêché, sous la présence effective de l’Imam Dame Ndiaye, secrétaire général de la Lips et de Racine Ba, le Directeur général de la Haute autorité du Waqf (Haw). 
 
‘’Nous sommes venus pour mettre en œuvre un partenariat signé avec la Ligue des imams et prédicateurs. L’objet de ce partenariat, c’est la vulgarisation du Waqf au Sénégal. Donc les Imams, au Sénégal, sont les relais privilégiés du Waqf auprès des populations’’, a déclaré M. Ba, au micro de Dakaractu. 
 
Celui-ci est revenu sur les réelles motivations de l’État du Sénégal qui, ayant pris conscience de l’importance du Waqf, dans le monde, en particulier dans le monde arabo-musulman -avec ses avantages dans le système social et économique- a considéré qu’il était important de mettre le Waqf au Sénégal. 
 
‘’Le Waqf existe depuis plusieurs siècles au Sénégal, nous en avons pour preuve, plusieurs Waqf qui ont été mis en place par les chefs religieux, mais également par des hommes d’affaires. Il en existe ici à Saint-Louis qui est un exemple patent, dans le sens où dès 1907, El Hadj Gora Diop avait mis en place un Waqf et l’avait formalisé auprès d’un notaire’’, a-t-il souligné. Dans ses propos, il a fait état d’une Waqf direct consistant à la construction d’une mosquée, d’un daara et de logements au profit de personnes défavorisées. Et ensuite un Waqf indirect, consistant en la construction d’un immeuble loué et dont les revenus générés ont servi au fonctionnement du Waqf indirect à savoir la mosquée et les logements sociaux, mais également son fonctionnement notamment, l’eau et l’électricité’’. 
 
Pour cette mission, il a indiqué que c’est un partenariat important où il s’agit de porter l’information auprès des populations. Pour lui, ce sont les imams qui incarnent les autorités religieuses les mieux indiquées pour convaincre les fidèles, au cours de leurs khoutba (prêches) et de leurs rencontres avec les populations.
 
Il a rappelé, aussi de la mise en œuvre depuis 2015, d’une loi votée à l’Assemblée nationale et promulguée par le président Macky Sall. Ce qui, à ses yeux, démontre que les plus hautes autorités étatiques ont compris les enjeux autour du Waqf. ‘’L’État a mis en place, dès 2017, la Haw avec comme mission, la promulgation du Waqf. Dorénavant, toute personne qui fait du Waqf peut être rassurée et assurée que l’État va l’accompagner’’. Pour ce faire, il appelle toute personne déterminée à faire le Waqf de respecter les normes établies et assure que des mesures fermes ont été prises pour garantir la pérennisation de cette action qui profite à son donateur, jusqu’à l’extinction du soleil. 
 
Quiconque met ‘’en place un Waqf’’, qui la formalise ‘’auprès d’un notaire’’ qui ‘’établit un acte pour le constituant et qui ensuite adresse cet acte-là à la Haw pour permettre à l’institution de jouer pleinement son rôle de contrôle et de supervision des Waqf, a sécurisé son aumône durable, a promis M. Ba, le Dg de la Haw. 
 
À ses yeux, cela traduit donc que ‘’ce qui se passait avant, c’est-à-dire lorsqu’un constituant établissait un Waqf non formalisé, et qu’à son décès, les héritiers réclamaient cela dans leur patrimoine, faisant alors du Waqf quelque chose qui n’était que temporaire alors que l’objectif principal c’était que ce soit durable ou bien les personnes à qui il incombait la gestion détournaient l’objectif de ce Waqf là. Dorénavant, cela n’est plus possible avec la Haute autorité du Waqf qui a en charge le contrôle et la supervision. Donc, c’est tout l’intérêt de la mise en place de cette institution et de ce processus de formalisation qui est là pour rassurer et assurer au constituant que dorénavant leur Waqf sera perpétuel’’.
Mardi 1 Mars 2022
Dakaractu




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