Cybercriminalité : La liberté d’expression des médias, une entrave à la protection des enfants sur internet.


L’atelier de formation des acteurs des médias, dédié à la campagne de sensibilisation sur le programme stratégique mis en place par le ministère de l’économie numérique et des télécommunications (MENT) sur la Protection des Enfants en Ligne (PEL) s’est poursuivi ce vendredi 09 avril. 

 

Un atelier qui a vu à la première journée, une cérémonie d’ouverture présidée par le ministre de tutelle, Yankhoba Diattara. Une cérémonie au cours de laquelle il a annoncé un plan d’action pour une prise en charge et un traitement de l’information par les professionnels des médias qui constituent le canal le plus adapté pour la diffusion d’informations sur le numérique concernant la couche vulnérable qu’est l’enfance. Il a également annoncé des partenariats avec le réseau mobile Orange mais aussi le ministère de l’éducation pour que l’accès au numérique soit un moyen d’apprentissage et d’éveil qui sera éventuellement utilisé par les enfants à bon escient sous la supervision de leurs parents. Par-là, il faut entendre « s’informer et apprendre à partir de l’internet ».

 

La deuxième et dernière journée de cet atelier a vu la participation d’éminents experts comme le Dr Drissa Doumbia de l’Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) qui, a été le modérateur durant tout le long de cet atelier, mais aussi de M. Siradiou Ba, Chef de la Division à la Commission de Protection des Données Personnelles (CDP).

 

L’intervention de ce dernier a essentiellement porté sur l’identification d’une personne à travers une information comme la géolocalisation, la connexion à un site internet, ce qui, littéralement fait office de définition de la donnée personnelle. Le Sénégal par le biais de la CDP, fait partie du Comité Consultatif pour la protection des enfants. Elle accompagne les personnes victimes de cybercriminalité et joue très souvent le rôle de médiateurs et est membre de plusieurs organisations qui visent à la protection des enfants en ligne. 

 

Lors de son intervention, Siradiou Ba a également soulevé la question de la pédopornographie qui se trouve être un phénomène qui revient assez souvent au niveau des cas à traiter et très souvent termine-t-il, les dérogations qui ne s’appliquent pas aux médias à cause de la liberté d’expression entravent au bon traitement des cas liés à la cybercriminalité. Par-là, il faut comprendre le rôle décisif que joue le média en l’occurrence le média en ligne sur la vie de l’utilisateur qui est victime de cybercriminalité.

 

Le Chef de division de rassurer quant à la prévention en déclarant que la CDP dispose d’un site web et publie régulièrement des contenus qui peuvent aider en temps réel.

 

« Un degré de technicité supérieur »

 

Il est sorti de la séance de partage et d'interaction entre les participants dudit atelier, la difficulté de trouver une personne assez qualifiée qui maîtrise toutes les techniques liées au piratage de système via le numérique.

 

Voyeurs, abuseurs, producteurs, consommateurs, touristes sexuels, tels sont les différents types de criminels identifiés dans les affaires de cybercriminalité. Le commissaire Kandé intervenant, représentant la division de la lutte contre la cybercriminalité, a lors de l’atelier mis l’accent sur les cas de sextorsion qui touchent la population sénégalaise notamment les femmes qui constituent le genre le plus exposé à l’abus et au chantage.

 

« Internet : Ange ou démon ? »

 

Internet est souvent défini comme le reflet de son utilisateur, un outil très stimulant pour les enfants qui dès son utilisation deviennent des proies faciles et très exposées aux messages à caractère sexuel, à la sextorsion juvénile et au recrutement de mineurs à des fins qui peuvent avoir des retombées désastreuses sur le futur de l’enfant.

 

Ne pas s’y aventurer lorsqu’on ne maîtrise pas cet outil, éviter les groupes whatsApp, éviter le partage d’éléments compromettantes pouvant nuire ou atteindre à l’intégrité d’une tierce personne. Autant de méthodes préventives contre la cybercriminalité. Internet facilite l’exploitation sexuelle des enfants par le biais de la création de faux comptes, elle facilite aussi la rencontre physique. La solution serait dès lors d’élever des citoyens numériques en sensibilisant, mais aussi en impliquant la société civile et toutes les parties prenantes ayant un rôle à jouer sur l’éducation et la formation des enfants.

Vendredi 9 Avril 2021
Dakaractu




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