Circoncision clandestine : un cultivateur se faisait passer pour médecin depuis 30 ans … révélations sur une imposture qui a coûté la vie à un enfant


La salle d’audience du tribunal de grande instance de Mbour a vécu hier l’une des affaires les plus glaçantes de ces dernières années. Comme le rapporte L’Observateur, le procès de G. Ndour et d’I. Faye a révélé une supercherie d’une ampleur insoupçonnée : trente années d’exercice illégal de la médecine, des dizaines d’enfants circoncis clandestinement, et, aujourd’hui, la mort atroce du petit Kh. Ndour, décédé après dix jours d’agonie.

 

 

Un cultivateur déguisé en médecin pendant 30 ans

 

 

Selon L’Observateur, l’affaire débute le 2 novembre, lorsque G. Ndour, cultivateur domicilié à Fissel, amène son fils chez I. Faye. Dans la localité, ce dernier jouit d’une réputation de « médecin » spécialisé dans les circoncisions. Pourtant, il n’en est rien : I. Faye n’est qu’un cultivateur sans la moindre formation médicale, ayant usurpé ce statut durant trois décennies.

 

Son domicile avait été transformé en pseudo-centre de santé où il pratiquait, dans la clandestinité la plus complète, des interventions dangereuses avec du matériel rudimentaire, sans hygiène ni protocole médical.

 

Ce jour-là, il circoncit le petit Kh. Ndour dans des conditions catastrophiques. L’enfant, déjà en très mauvais état, est rendu à son père sans aucun suivi ni traitement.

 

 

Dix jours d’agonie ignorée

 

 

Toujours d’après L’Observateur, l’état de santé du garçon se dégrade immédiatement. Fièvre, infection, douleurs atroces : rien n’y fait. Pendant dix jours, G. Ndour observe l’agonie de son fils sans jamais l’emmener à l’hôpital.

Ce n’est que lorsque les voisins s’alarment que l’enfant est finalement transporté, le 12 novembre, au centre de santé de Thiadiaye.

 

Le personnel médical est horrifié : infection sévère, pronostic vital engagé. L’enfant est placé en soins intensifs.

 

 

Le plan criminel : arracher l’enfant à l’hôpital en pleine nuit

 

 

Mais l’impensable se produit. Dans la nuit, à 3 heures du matin, G. Ndour et I. Faye élaborent un plan ahurissant. Comme le détaille L’Observateur, ils fournissent frauduleusement une pièce d’identité de l’imposteur à un infirmier afin de retirer clandestinement l’enfant du service.

 

Ils arrachent littéralement le garçon de son lit médicalisé pour le ramener au domicile familial, l’abandonnant à son sort.

 

Au matin, le médecin de garde, constatant la disparition, appelle immédiatement le père et exige le retour urgent du petit. Mais G. Ndour ignore tous les appels.

 

Le même jour, Kh. Ndour rend l’âme, sur le lit de sa mère.

 

 

Des aveux terrifiants à la barre

 

 

Arrêtés par la gendarmerie de Thiadiaye, les deux hommes comparaissent devant le tribunal. Les révélations sont stupéfiantes.

 

Toujours selon L’Observateur :

 

  • I. Faye avoue n’avoir aucune compétence médicale. Il dit avoir « observé des soignants » dans sa jeunesse et se justifie en évoquant le « manque de spécialistes » dans la zone.

  • Il reconnaît avoir perçu 5 000 F CFA par circoncision.

  • Le père affirme avoir cru en sa compétence, avançant que « tous les enfants de la localité » avaient été circoncis par lui.

 

 

 

Les charges : homicide involontaire, exercice illégal de la médecine et non-assistance à personne en danger

 

 

Face à l’ampleur du drame, le procureur n’a pas tremblé. Comme le rapporte L’Observateur, il a requis l’application stricte de la loi pour :

 

  • Homicide involontaire

  • Exercice illégal de la médecine

  • Non-assistance à personne en danger

 

 

Le verdict sera rendu le mardi 2 décembre 2025.

 

Mercredi 26 Novembre 2025
Dakaractu




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