AÏDA MBODJ-ABDOUL MBAYE / Opinions croisées sur la répression de la marche de Ñoo Lank... Recul de la démocratie et violences abusives évoquées.


" On ne gagnerait pas à nourrir cette violence, cette haine, ce désir de mater "... " Cest le signe que notre démocratie est en recul. Le Sénégal vit une sorte de dictature ". Ces deux commentaires sont respectivement de Aïda Mbodj et de Abdoul Mbaye. 

L'ancienne ministre d'État sous Wade et l'ancien Premier ministre du Président Sall étaient les invités de " Jury du dimanche "  sur Rfm et du " Grand Jury" diffusé par Iradio. L'un comme l'autre auront vigoureusement déploré la répression de la marche initiée par Ñoo Lank il y a quarante-huit heures, démonté les arguments du préfet évoqués pour en interdire sa tenue avant de tourner en bourrique Ousmane Ngom et son arrêté.


Pour la parlementaire, en ancienne mairesse de Bambey, " c'est un combat commun à tout le monde". Elle précisera en passant qu'elle n'y était pas, engagée qu'elle était sur un autre front. " Je n'y étais pas, mais je marque toute ma solidarité à  ces braves gens qui y étaient. J'ai mon espace.  J'étais à l'Assemblée nationale. J'ai dénoncé ces dérives telles que la hausse du prix de l'électricité. Le Sénégalais est stressé.  C'est le Président qui nous avait parlé du mix- énergie, qui parlait de baisse du prix de l'électricité ". 

Interpellée sur la décision de l'administration Sénégalaise de refuser la tenue d'une marche ou d'un sit-in sur la place de l'indépendance, elle se voudra claire dans la réponse . "Aucun des arguments  du préfet ne me convainc. C'est cette  interdiction du préfet qui pose problème. L'interdiction n'a pas sa raison d'être.  Son arrêté ne peut pas être au-dessus de la Constitution. Quand nous étions au pouvoir,  ces mêmes  dirigeants, que nous avons, avaient bravé l'arrêté Ousmane Ngom. Ils (Macky et son gouvernement) nous avait promis la rupture, une gestion vertueuse, le respect de la Constitution". Aïda Mbodj de signaler aussi que le Président Macky Sall, dans la " constitution qu'il s'est taillée avait, quand-même, annoncé 19 libertés dont la liberté de manifestation. Hélas  !" Voudra-t-elle dire.

Pour Abdoul Mbaye " la répression de la marche est motivée par le souci des gouvernants de voir cette manifestation connaitre un succès". C'est pour éviter ce même travers que la presse a été,  selon lui, muselée. Il regrettera le 
" contrôle de toutes les institutions par l'exécutif et principalement du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire ". Il rappellera que l'argument  de l'arrêté Ousmane Ngom est fallacieux et qu'il faudrait d'ailleurs en faire fi et dénoncer les récentes décisions de la Cour Suprême qui l'ont conforté. 
 
Par rapport aux motifs évoqués pour justifier la hausse du tarif de l'électricité,  Abdoul Mbaye choisira de tout jeter à la poubelle, considérant "qu'il y a une baisse de 35% du prix du baril du pétrole et qu'il  y a , à  ce jour, un retard de 26% par rapport à ce qu'il était en 2012.  " Cette hausse ne s'explique pas par la hausse du prix du pétrole", conclura-t-il. 

De l'autre côté,  Aïda Mbodj se limitera à  annoncer que "la Senelec va directement vers la privatisation" pour cause de mauvaise gestion. 
Dimanche 22 Décembre 2019




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