Finance islamique : le FDMI et le COJES s’allient pour former les journalistes économiques à la veille du lancement officiel du fonds


Le Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI) et le Collectif des Journalistes Économiques du Sénégal (COJES) ont ouvert, ce mardi, une session de deux jours de renforcement de capacités dédiée à la finance islamique. 

Une initiative organisée en prélude au lancement officiel du FDMI, prévu le 21 avril prochain.

 

À la cérémonie d’ouverture, le Dr Abdou Karim Diaw, Administrateur général du FDMI, a rappelé la portée historique de l’institution. Le premier fonds national dédié à la microfinance islamique en Afrique de l’Ouest, le FDMI assure désormais la gestion du Programme de Développement de la Microfinance Islamique (PROMISE), fruit du partenariat stratégique entre l’État du Sénégal et la Banque Islamique de Développement. Fonds public à vocation catalytique, il a pour mission de mobiliser des ressources financières conformes aux principes de la finance islamique et de les orienter vers des institutions de microfinance partenaires, chargées de les redistribuer auprès des bénéficiaires finaux, en particulier les PME et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.

 

Cette session s’inscrit dans un contexte institutionnel porteur. En effet, le Chef de l’État a déclaré 2026 année de l’Économie sociale et solidaire et de l’emploi, et la Stratégie Nationale de Développement (SND) 2025-2030 identifie la finance islamique comme un levier stratégique d’inclusion financière et de mobilisation de ressources. Le Sénégal peut également s’appuyer sur des acquis structurants : l’adoption de la loi sur le Waqf en 2015, la création de la Haute Autorité du Waqf, l’émission du premier Sukuk souverain en Afrique francophone, et la perspective du lancement, cette année, d’un quatrième Sukuk sénégalais.

 

Prenant la parole au nom des participants, Dialiguy Faye, Président du COJES, a souligné l’urgence d’une meilleure maîtrise du sujet par les professionnels des médias. Dans un pays où plus de 95 % de la population est de confession musulmane et où le taux de bancarisation plafonne à environ 22 %, la finance islamique, fondée sur le partage des profits et des pertes et l’interdiction du riba — représente, selon lui, un levier concret d’inclusion pour les ménages à revenus modestes, les jeunes entrepreneurs et les femmes de l’économie informelle, trop souvent exclus par les exigences de la finance conventionnelle.

 

Le président du COJES a également rappelé que cette formation répondait à un vœu formulé dès octobre 2025, lors d’un atelier de sensibilisation organisé par l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSF) en collaboration avec le cabinet Global Islamic Finance & Transactions (G.I.F.T) et le COJES. Il a salué le rôle déterminant joué par notre confrère, le Dr Abdou Diaw, dans la concrétisation de ce partenariat avec le FDMI.
 

Pour Dialiguy Faye, l’enjeu dépasse la simple acquisition de connaissances techniques : « Notre traitement médiatique influence directement la perception et l’adhésion des populations. » En dotant les journalistes économiques des concepts et repères nécessaires pour traiter ce sujet avec rigueur et pédagogie, cette session entend faire de la presse un acteur à part entière de la diffusion et de l’appropriation de la finance islamique au Sénégal.




Mardi 14 Avril 2026
Dakaractu



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