Tensions entre préfets et élus locaux au Sénégal / Le plaidoyer de Bafodé Kallo, Président de l’association des anciens sous-préfets du Sénégal


Depuis plusieurs jours , les réseaux sociaux sénégalais sont le théâtre de vifs débats autour de relations conflictuelles entre autorités administratives et élus territoriaux. Face à cette polémique, Bafodé Kallo, président de l’Association des Anciens Sous-préfets du Sénégal pour la Promotion du Développement Territorial et de la Protection des Droits Humains, a tenu à rappeler le cadre juridique et institutionnel qui régit l’action de l’État sur le territoire.

Dans une déclaration dont nous avons obtenu copie, M. Kallo livre une analyse sans concession :

« Depuis un certain temps des cas d’incompréhension entre des autorités administratives et des élus territoriaux font objet de débats à travers les réseaux sociaux. En effet l’administration sénégalaise dans son fonctionnement s’appuie sur deux socles constitués de la déconcentration et de la décentralisation. Ces deux éléments sont complémentaires pour une administration de développement. Celle-ci a entre autres, mission de réduire des pesanteurs et autres lourdeurs dans l’exécution efficiente des tâches au service du développement harmonieux.

Dans ce cadre, la décentralisation inclut les élus territoriaux représentant les populations tandis que la déconcentration inclut les chefs de circonscription administrative, notamment le Gouverneur, le Préfet et le Sous-préfet qui sont respectivement les délégués du Président de la République, Chef de l’État, et représentants de tous les membres du Gouvernement, naturellement titulaires de portefeuille, dans leur circonscription. À ce titre leurs attributions sont fixées par la loi 72-02 du 1er février 1972, modifiée, et précisée par le décret 72-636 du 29 mai 1972, modifié.

Ces autorités administratives assurent la continuité territoriale et régalienne au nom de l’État. Elles méritent respect et considération par tous les citoyens au nom de la République. »

Pour cet ancien cadre de l’administration territoriale qui a servi notamment à Touba, ces rappels législatifs ne sont pas anodins. Ils interviennent alors que plusieurs affaires récentes – notamment des prises de bec publiques entre maires et préfets à propos de la gestion des marchés locaux ou du foncier – ont alimenté une confusion des rôles. Kallo insiste sur la complémentarité entre décentralisation (les élus locaux) et déconcentration (les représentants de l’État), deux piliers qui, selon lui, doivent œuvrer de concert pour un développement harmonieux et éviter les lourdeurs administratives.

En rappelant que les préfets et sous-préfets agissent « au nom de la République », le président de l’association appelle implicitement à un sursaut de respect mutuel. Reste à savoir si son message, relayé sur les réseaux sociaux où justement les tensions s’exacerbent, parviendra à apaiser le climat ou si de nouvelles incompréhensions viendront alourdir le dialogue entre les deux versants de l’administration territoriale sénégalaise.
Lundi 13 Avril 2026
Dakaractu



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