tribunal de grande instance de Mbour s’apprête à rendre un verdict très attendu dans une affaire d’abus de confiance qui a profondément marqué une vingtaine de candidats à l’émigration. Selon L’Observateur, un commerçant bien connu du marché central, A. Sèye, est accusé d’avoir soutiré 37 millions de FCFA à des personnes à qui il promettait un départ clandestin vers l’Italie, assorti de contrats de travail fictifs.
Jugé mardi dernier, le prévenu connaîtra son sort ce mardi 6 janvier, après une audience chargée d’émotion et de révélations troublantes. L’affaire illustre une nouvelle fois l’ampleur des réseaux informels exploitant la détresse et les espoirs d’une jeunesse prête à tout pour rejoindre l’Europe.
Un scénario bien huilé
D’après les éléments rapportés par L’Observateur, le mode opératoire de A. Sèye était soigneusement élaboré. Dès 2024, il approche des connaissances et d’autres candidats venus de plusieurs régions du Sénégal. Il leur présente un projet séduisant : organiser lui-même un voyage clandestin par la mer vers l’Italie, allant jusqu’à se présenter comme le futur capitaine du bateau.
Pour renforcer la confiance, il promet à chaque candidat un contrat de travail garanti dans des entreprises italiennes dès leur arrivée. Le tarif est fixé à 1,5 million de FCFA par personne, avec une date de départ annoncée pour le 3 août 2024. Séduites par ces promesses, plus d’une vingtaine de personnes passent à la caisse.
Disparition et longue attente
Une fois l’argent encaissé, le commerçant se volatilise. Pendant plus d’un an, il devient injoignable, laissant ses victimes dans l’angoisse et le désarroi. Toujours selon L’Observateur, ces dernières se regroupent dans un groupe WhatsApp, tentant désespérément de le localiser, sans succès.
Le hasard finit toutefois par relancer la machine judiciaire. En novembre 2025, deux des victimes, S. Sène et N. Sène, croisent A. Sèye en plein centre-ville de Mbour. Ils alertent immédiatement le commissariat central et déposent plainte, mettant fin à la cavale du présumé escroc.
Des aveux à la barre
Arrêté et placé en détention, A. Sèye a comparu devant le tribunal. À la barre, il reconnaît avoir perçu la somme de 37 millions de FCFA. Plus surprenant encore, il révèle avoir agi avec la complicité d’un ami résidant en Italie, Ch. Ciss, à qui une partie de l’argent aurait été transférée.
Face aux victimes venues témoigner, décrites par L’Observateur comme ayant le « cœur meurtri », le prévenu tente d’atténuer sa responsabilité en s’engageant à rembourser intégralement les fonds détournés.
Des demandes lourdes et un verdict attendu
Les plaignants ne comptent pas s’arrêter là. S. Sène et N. Sène, qui affirment avoir versé respectivement 7,5 millions et 3 millions de FCFA pour eux-mêmes et des membres de leurs familles, réclament en plus des dommages et intérêts de 10 millions et 3 millions de FCFA.
Le ministère public a requis l’application stricte de la loi. La présidente du tribunal, après avoir requalifié les faits d’escroquerie en abus de confiance, a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce mardi 6 janvier, entre la perspective d’une condamnation ferme et la promesse, encore incertaine, d’un remboursement.
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