𝐌𝐚𝐝𝐮𝐫𝐨 𝐜𝐚𝐩𝐭𝐮𝐫𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬-𝐔𝐧𝐢𝐬 : 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞𝐫 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐮𝐧𝐞 𝐥𝐮𝐜𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐚𝐛𝐬𝐨𝐥𝐮𝐞 (Par Babacar Sané Bâ)


L’arrestation du président vénézuélien 𝐍𝐢𝐜𝐨𝐥𝐚́𝐬 𝐌𝐚𝐝𝐮𝐫𝐨 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬-𝐔𝐧𝐢𝐬 marque un tournant brutal dans l’histoire politique contemporaine. Au-delà de Caracas, c’est l’ordre international tout entier qui est interpellé. Et l’Afrique, plus que tout autre continent, ne peut ni détourner le regard ni se contenter de commentaires superficiels.
 
Ce qui se joue au 𝐕𝐞𝐧𝐞𝐳𝐮𝐞𝐥𝐚 n’est pas un fait divers diplomatique. C’est un 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐥 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐥. 
 
𝐔𝐧𝐞 𝐚𝐫𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐢 𝐝𝐞́𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐮𝐧 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞
 
L’événement est inédit par sa portée symbolique : 𝐮𝐧 𝐜𝐡𝐞𝐟 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐞𝐧 𝐞𝐱𝐞𝐫𝐜𝐢𝐜𝐞 𝐜𝐚𝐩𝐭𝐮𝐫𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞́𝐭𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞̀𝐫𝐞. Quelles que soient les accusations portées, l’acte pose une question centrale: 𝐪𝐮’𝐚𝐝𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭-𝐢𝐥 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐝𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐦𝐢𝐧𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 ?
 
Car en réalité, ce n’est pas seulement Nicolás Maduro qui est visé, mais 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐝’𝐢𝐧𝐝𝐞́𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐨𝐫𝐬𝐪𝐮’𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐬’𝐚𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞𝐫 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞̂𝐭𝐬 𝐝𝐨𝐦𝐢𝐧𝐚𝐧𝐭𝐬.
 
𝐋𝐞 𝐕𝐞𝐧𝐞𝐳𝐮𝐞𝐥𝐚, 𝐦𝐢𝐫𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐮𝐥𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐝𝐮 𝐒𝐮𝐝
 
Depuis des années, le Venezuela est soumis à :
* des sanctions économiques lourdes,
* une pression diplomatique constante,
* une bataille narrative permanente,
* une fragilisation interne amplifiée de l’extérieur.
L’arrestation du président vient clore – provisoirement – un long processus où 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞 𝐚 𝐟𝐢𝐧𝐢 𝐩𝐚𝐫 𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞𝐫 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧. Pour l’Afrique, ce scénario est tristement familier.
 
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐞́𝐞
 
L’Afrique sait ce que signifient :
* les interventions extérieures justifiées au nom du droit ou de la morale,
* les changements de régime encouragés ou imposés,
* les sanctions qui frappent d’abord les populations,
* la délégitimation sélective des dirigeants.
Ce qui arrive aujourd’hui au Venezuela pourrait, demain, concerner 𝐧’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞, riche en ressources, géographiquement sensible ou politiquement non aligné.
Regarder cette crise avec lucidité, c’est comprendre que 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐚𝐛𝐫𝐢.
 
𝐋𝐚 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥𝐞 : 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐚𝐜𝐪𝐮𝐢𝐬𝐞
 
Cette arrestation rappelle une vérité dérangeante :
la souveraineté ne se proclame pas, elle se défend et se consolide en permanence.
Pour l’Afrique, cela implique :
* des institutions solides et crédibles,
* une cohésion nationale forte,
* une autonomie stratégique, notamment économique et informationnelle,
* une diplomatie capable d’anticiper, et non de subir.
 
𝐍𝐢 𝐚𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐧𝐢 𝐬𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐢𝐜𝐞
 
Face à cette crise, l’Afrique doit éviter deux pièges :
1. L’alignement réflexe, qui la transformerait en simple caisse de résonance des grandes puissances.
2. Le silence, qui fragilise à terme ses propres principes.
La voie africaine doit être celle de la lucidité stratégique : défendre le respect du droit international, refuser les précédents dangereux et promouvoir des solutions politiques plutôt que coercitives.
 
𝐔𝐧𝐞 𝐚𝐥𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐚𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫
 
L’arrestation de Nicolás Maduro n’est pas seulement un événement latino-américain. C’est une alerte mondiale, particulièrement pour le Sud global.
 
Pour l’Afrique, l’enjeu n’est pas de défendre un homme ou un régime, mais de défendre un principe fondamental : 𝐚𝐮𝐜𝐮𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞 𝐧𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐨𝐮 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐥𝐨𝐢 𝐝𝐮 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐭. 
 
Dans un monde de plus en plus instable, la véritable puissance de l’Afrique résidera dans sa capacité à 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐚𝐮𝐱 𝐟𝐚𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬, 𝐚̀ 𝐭𝐢𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐚̀ 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐫𝐞́𝐞𝐥𝐥𝐞, 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐬𝐬𝐮𝐦𝐞́𝐞. C’est mon intime conviction. 
 
Babacar Sané BA
Consultant en Sécurité Nationale
Mercredi 7 Janvier 2026
Dakaractu



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