Affaire Trafic de drogue à Mbao : Présentée comme « baronne » du kush, R. Ba finalement blanchie par la justice


Le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a rendu sa décision dans l’un des dossiers de trafic de drogue les plus commentés de fin d’année. À l’issue des débats, tous les prévenus ont été relaxés au bénéfice du doute, à l’exception d’un seul, I. Diallo. L’affaire concernait R. Ba, présentée au départ comme la prétendue « baronne » d’un vaste réseau de trafic de kush au garage malien de Zac Mbao.

 

Placés sous mandat de dépôt depuis le 26 décembre, les prévenus ( huit hommes et une femme) étaient poursuivis pour association de malfaiteurs et offre ou cession de kush, une drogue de synthèse réputée extrêmement dangereuse. À la barre, chacun a contesté les faits reprochés. 

I. Diallo, commerçant domicilié à Keur Massar, a affirmé avoir été interpellé dans son commerce sans jamais détenir les 10 grammes de kush qu’on aurait trouvés dans ses poches. Même son de cloche pour I. Palla, l’encaisseur condamné, L. Barry, maçon habitant Castors, O. Traoré, gardien au marché résidant à Zac Mbao, M. Sabata et A. Seydon, tous accusés de détention de quantités similaires de drogue.

 

Le cas de R. Ba, seule femme du groupe, a longuement retenu l’attention du tribunal. Commerçante ambulante résidant à Zac Mbao, elle a catégoriquement rejeté l’image de chanteuse que l’enquête lui avait attribuée, rapporte l'Observateur. Selon le procès-verbal, une somme de 800 000 F CFA aurait été saisie sur elle, version qu’elle a formellement démentie, parlant plutôt de 200 000 F CFA correspondant à son encaissement quotidien. Elle a également nié toute implication dans la prétendue vente de plusieurs centaines de grammes de kush dans une boutique où elle se serait simplement arrêtée pour se reposer et faire ses ablutions. « Au moment de la descente des policiers, j’étais aux toilettes. À ma sortie, j’ai trouvé les limiers en train de fouiller la boutique dont le propriétaire, A. D. Diallo, avait déjà pris la fuite », a-t-elle expliqué tout en précisant être venue acheter des savonnettes et parfums, tissus et autres produits de ménage nécessaire, souvent écoulés à crédit au marché du garage malien.

 

Présenté à la barre comme le cerveau présumé du réseau, El H O. Cambara, manœuvre au Port domicilié à la Cité Douane, a également nié les accusations. Il affirme s’être rendu sur les lieux uniquement pour acheter de l’aloko. Les enquêteurs soutiennent pourtant avoir trouvé sur lui 35 000 F CFA, la clé de sa moto et une quantité de kush, ce qu’il a contesté avec insistance. Face au tribunal, les prévenus ont tous soutenu ne pas se connaître, ne pas avoir été arrêté le même jour et contesté avec véhémence les accusations de trafic.

 

 

Pour rappel, cette affaire est relative à une opération menée le 23 décembre par la Brigade de recherches de Keur Massar et annoncée comme le démantèlement d’un vaste réseau international de trafic de kush en provenance de Guinée et du Mali.

Mercredi 7 Janvier 2026
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :