Le président vénézuélien s’est réveillé ce matin dans une cellule de 2 mètres sur 3. La probabilité qu’il ait bien dormi est quasiment nulle. Il dort sur un lit en acier, sur un matelas d’à peine 3 centimètres d’épaisseur. Il n’a pas d’oreiller. À côté de son lit se trouvent les toilettes et un lavabo fixé au mur.
Maduro doit rester dans sa cellule 23 heures par jour. Durant une heure, il est transféré dans un espace fermé légèrement moins exigu afin de se “dégourdir les jambes”.
La cellule délabrée de Maduro au Metropolitan Detention Center de Brooklyn, la seule prison fédérale encore en activité à New York, contraste fortement avec le luxe auquel il était habitué chez lui, au Venezuela. Officiellement, comme président, il n’y gagnait que le salaire minimum, officieusement, des millions de bolívars (monnaie du Venezuela) disparaissaient dans ses poches.
De multiples propriétés
Maduro investissait surtout cet argent dans l’immobilier. Avec son épouse Cilia Flores, avocate, il résidait dans le palais présidentiel de la capitale Caracas. Le couple possédait aussi trois villas et un ranch équestre au Venezuela.
Ils disposaient également d’un manoir à Orchila, une île privée paradisiaque des Caraïbes, et d’une villa de 15,5 millions d’euros à Punta Cana, en République dominicaine, comprenant neuf chambres, dix salles de bains et une plage privée.
Même aux États-Unis, Maduro et son épouse avaient un pied-à-terre: ils y ont acheté pour 18 millions d’euros deux appartements dans la tour One Thousand Museum à Miami, l’un des gratte-ciel les plus luxueux du monde. Le couple y compte notamment David et Victoria Beckham parmi leurs voisins.
Un jet privé de 10 millions
Maduro et son épouse faisaient régulièrement la navette entre ses différentes propriétés. Pour cela, ils utilisaient l’un de leurs jets privés: un Embraer d’une valeur de 10 millions d’euros ou un Falcon de 11 millions d’euros. Ces appareils ont depuis été saisis par l’administration Trump.
Leur dernier vol, le couple l’a effectué le week-end dernier, les yeux bandés, à bord d’un hélicoptère de l’US Air Force, à destination de Brooklyn. Dans ce quartier de New York, Nicolás Maduro et son épouse resteront encore au moins jusqu’à la mi-mars, derrière les barreaux du Metropolitan Detention Center.
“L’enfer sur terre”
Le bâtiment de quinze étages se dresse sur les rives du fleuve Hudson. Depuis leur cellule, les détenus ont vue sur la statue de la Liberté, mais la réalité est bien moins séduisante à l’intérieur. D’anciens gardiens décrivent le complexe comme “l’enfer sur terre”.
La prison est tristement célèbre pour ses conditions de vie déplorables, sa surpopulation, son manque de personnel et sa violence brutale. Ces dernières années, les plaintes se sont multipliées concernant la moisissure, les toilettes hors d’usage et des détenus restés plusieurs jours sans chauffage en plein hiver.
Les conditions y sont si mauvaises que plusieurs juges new-yorkais refusent désormais d’y envoyer des personnes. Le juge Gary Brown a récemment condamné un fraudeur fiscal à neuf mois de prison, avant d’apprendre que l’homme serait envoyé à Brooklyn. “Dans cette prison barbare? Dans ce cas, j’annule la peine de prison”, a déclaré le juge. “Le prévenu peut purger sa peine à domicile, avec un bracelet électronique.”
1.300 détenus
Cette faveur n’a pas été accordée à Nicolás Maduro ni à son épouse, pas plus qu’aux quelque 1.300 autres détenus de la prison de Brooklyn, parmi lesquels figure une impressionnante liste de célébrités. On y trouve notamment le rappeur Sean Diddy Combs, le chanteur R. Kelly et l’escroc Sam Bankman-Fried, même s’ils sont détenus dans une autre aile.
La veuve d’Epstein, Ghislaine Maxwell, y a également été incarcérée pendant un certain temps, mais elle a depuis été transférée dans une prison au Texas.
Surveillés jour et nuit
Diddy et consorts sont détenus dans l’unité 4 Nord, un immense dortoir situé au quatrième étage. Ils y dorment dans des lits superposés espacés de soixante centimètres et disposent d’une télévision, d’une table de ping-pong et même d’une petite salle de sport.
Ce luxe, Nicolás Maduro et son épouse n’y ont pas droit. Ils dorment dans l’unité d’isolement spéciale de la prison, loin des autres détenus. Ils sont surveillés jour et nuit et doivent rester presque en permanence derrière les barreaux de leur petite cellule.
Chaque matin à 7 heures, le petit-déjeuner leur est servi dans leur cellule. À midi, ils doivent manger sur une petite table improvisée posée sur leur lit. Un vendredi sur deux, de la lasagne est servie. Si Maduro a encore faim le soir, il peut acheter quelques snacks à la boutique de la prison: un paquet de six Snickers pour 5,95 euros ou un sachet de chips pour 3,65 euros.
Trois douches par semaine
Le couple Maduro est tenu, comme les autres détenus, de porter l’uniforme pénitentiaire marron. Ils ont droit à trois douches par semaine. Les visites ne sont autorisées que le mardi et les appels téléphoniques sont limités à 15 minutes, surveillés par les autorités.
Le président vénézuélien et son épouse resteront encore au moins jusqu’à la mi-mars dans la prison de Brooklyn. Lundi, Nicolás Maduro et Cilia Flores ont comparu pour la première fois devant un tribunal de Manhattan pour des faits liés au trafic de drogue et aux armes. Leur procès se poursuivra le 17 mars. Ils plaideront non coupables.
-
Tournée du chef de la diplomatie chinoise en Afrique : Éthiopie, Somalie, Tanzanie et Lesotho, les étapes de 2026
-
Armée : le CEMGA Mbaye Cissé entame sa tournée d’adieu dans les zones militaires
-
“Les États-Unis “se détournent progressivement” de certains alliés, déplore Emmanuel Macron
-
Washington se demande “de quel droit le Danemark possède le Groenland”: que disent les faits historiques?
-
Trump ordonne le retrait de 66 organisations internationales par les Etats-Unis




