Violences faites aux filles et aux femmes : L’État et la société civile échangent leurs expériences et réunissent leurs forces.


Les violences basées sur le genre constituent des défis majeurs du monde contemporain sans distinction de rang social, de race ou de religion. Le monde, malgré l’avancée technologique, reste confronté à une des périodes les plus sombres de l’humanité qui se manifeste à travers les violences faites aux femmes et aux filles.

Les 16 Jours d’activisme de lutte contre la violence basée sur le genre à l’égard des femmes et des filles s’inscrivent dans le cadre d’une campagne internationale qui a lieu tous les ans. Elle a débuté  le 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se termine le 10 décembre, à l’occasion de la Journée des droits humains.

Inaugurée par des activistes lors de la première rencontre du Women’s Global leadership Institute en 1991, 2021 marque son 30e anniversaire. Des individus, des institutions et des organisations du monde entier l’utilisent comme stratégie organisationnelle pour appeler à la prévention et à l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles.

ActionAid et ses partenaires entendent contribuer à amplifier la voix des femmes afin d’aider à l’élimination de toute forme de violences ou de discrimination à leur endroit dans le cadre des 16 Jours d’Activisme. Cet engagement s’inscrit dans le contexte de sa stratégie pays 2018_2022 qui fait de sa priorité, celle de lutter contre les normes sociales qui induisent ou encouragent peu à peu les violences faites aux femmes et aux filles avec comme focus prioritaires, les violences domestiques. La stratégie nationale d’ActionAid Sénégal « Justice sociale pour les femmes et les filles - Agissez maintenant », engagée dans l’élimination des normes sociales négatives reste en lien avec le Thème 2021 : Orangez le monde : Mettez fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes ! L’année 2021 marque le 30e anniversaire de la Campagne mondiale des 16 jours.

La Campagne poursuivra ses activités de programme pour mettre fin à la violence sexiste dans le monde du travail en mettant l’accent sur le lien entre la violence domestique, le monde du travail et les services publics, en s’appuyant sur les normes juridiques énoncées dans la Convention 190 (C190) de l’OIT, la Recommandation 206 (R206) et les lois nationales mais aussi sur les  externalités telles le service de la dette qui endiguent la capacité des pays à apporter des réponses durables aux violences faites aux femmes et aux filles.

Au niveau national, les violences domestiques ont atteint une proportion inquiétante (plus de 60 %) et sont souvent suivies de meurtres. À cela s’ajoutent les violences sexuelles, psychologiques, celles économiques, les mariages d’enfants, les mutilations génitales féminines, le trafic de femmes et de filles, l’exploitation sexuelle et la surcharge de travail des femmes.

Autant de préoccupations qu’il convient d’aborder sans passion ni orgueil et avec objectivité afin de valoriser l’effort de l’État à protéger les femmes et les filles de la nation sénégalaise.  En effet, pour lutter contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), le Sénégal a adopté un ensemble de dispositions législatives et réglementaires qui font notre fierté parmi lesquelles, on peut citer entre autres :
- Le Code Pénal ; Loi du 24 janvier 1999 modifiant le code pénal sanctionnant formellement les violences faites aux femmes.
- La promulgation de la Loi n° 2010-11 en date du 28 mai 2010, instituant la parité absolue homme-femme dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives
- L’adoption depuis 2005 de la Stratégie Nationale pour l'Equité et l'Egalité de Genre (SNEEG) qui est le cadre global de référence reprenant la vision du pays en matière de genre tout en définissant les axes d’action qui permettront d’intégrer progressivement et efficacement les questions de genre dans les priorités de développement.
- Le vote de la Loi N°2020-05 du 10 janvier 2020 modifiant la Loi N°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal », qui criminalise le viol et la pédophilie.
L’année 2021 constitue également l’occasion inespérée malgré le Covid, de susciter une action d’envergure mondiale pour parvenir au respect des droits fondamentaux pour toutes les femmes et les filles à une vie digne et sans violence. Cela passe par un soutien à l’engagement concret des communautés de bases à éliminer les normes sociales promotrices de violences faites aux femmes et aux filles. Mais aussi par la continuation et le renforcement du plaidoyer pour un engagement politique plus fort qui fasse des réponses institutionnelles, légales et politiques les piliers de l’éradication des violences faites aux femmes et aux filles au Sénégal. C’est pourquoi, dans cadre de sa stratégie pays, ActionAid et ses partenaires accompagnent les communautés de Fatick, Tambacounda et Kédougou à développer de façon participative, en impliquant les services publics, les acteurs locaux, les leaders communautaires des modèles de réponses locales permettant aux communautés de protéger leurs femmes et leurs filles contre toutes formes de violences. Ce travail de modélisation permettra aux femmes de participer activement au respect de leurs droits au niveau local et au niveau national. ActionAid contribue également au plaidoyer au niveau national et soutient les organisations sœurs engagées dans la réclamation des droits fondamentaux des femmes et des filles au Sénégal.

Ainsi, l'ONG a reuini autour d'une même table l’État à travers le ministère de la femme et le le ministère de la santé, et des organisations de la société civile comme FAWE, COSYDEP...
 
Mercredi 1 Décembre 2021
Dakaractu



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