Viol suivi de grossesse : le destin chamboulé de la petite Aïssatou* (reportage)

À 14 ans, un enfant est censé être à l’école. Ce qui n’est pas le cas de Aïssatou* (Appelons-la par ce nom). Alors qu’elle dormait dans la chambre aménagée par son oncle pour les enfants et qui s’est trouvée hélas sans porte, cette jeune fille a été surprise par un maniaque sexuel qui habite Pikine Guinaw Rails où une équipe de Dakaractu s’est rendue ce jeudi 2 septembre pour recueillir le témoignage de la victime.


Un enfant dans les bras, Aïssatou qui donne l’impression de tenir sa petite sœur, a le regard innocent. Aidée de temps en temps par sa mère, elle tente de jouer un rôle qu’elle ne connait que très mal et qui s’est imposé à elle. Son destin a été chamboulé par un jeune homme qui attendait que tout le monde soit dans les bras de Morphée pour dérouler son diabolique plan. 

 

Pourtant marié, « Modou » qui habite à quelques encablures de sa victime escaladait le mur de la maison et accédait facilement à la chambre des enfants. 

 

Dans un français « wolofisé », Aïssatou se souvient que son bourreau l’a bâillonné pour éviter qu’elle ne crie. Ainsi, il assouvit sa libido. Pour ne pas être dénoncé, il emploie la méthode connue des violeurs : la menace. Son secret sera trahi par la grossesse contractée par la petite Aïssatou suite au deuxième assaut. Mariama a remarqué des changements chez sa fille et a eu le réflexe de l’emmener à l’hôpital. Le diagnostic est sans appel : en plus d’être violée, sa fille est tombée enceinte. « Quand j’ai appris que je suis enceinte, j’ai beaucoup pleuré. J’ai pensé à ma mère », témoigne Aïssatou. Sa mère ajoute : « on a vraiment souffert ».

 

 Le bourreau identifié, une plainte est déposée contre lui. Modou est arrêté. Aïssatou quant à elle,  est obligée d’anticiper ses premiers pas de mère. L’école, elle peut oublier. Ses parents envisagent un instant à interrompre la grossesse, mais seront dissuadés par l’interdiction qui frappe une telle pratique au Sénégal. Elle doit mener sa grossesse à terme. Mais sa fille a décidé de venir au monde un peu plus tôt. « Vu qu’elle est trop petite pour porter le poids d’une grossesse, elle n’arrêtait pas de saigner. Au 7e mois, les choses devenaient incontrôlables, c’est ainsi qu’il a été décidé de faire une césarienne », raconte la mère d’Aïssatou. 

 

Une nouvelle épreuve commence pour l’ancienne écolière. Elle doit s’occuper d’une fille alors qu’elle n’y est même pas préparée. Celle qui devait être dorlotée doit dorloter. En réalité, c'est la nouvelle grand-mère qui va mettre la main à la pâte. « C’est une gamine. Elle ne peut rien faire pour sa fille. Même pour donner le sein à son bébé, c’est la croix et la bannière. C’est moi qui m’en occupe », se plaint la nouvelle grand-mère. C’est d’autant plus difficile pour la fratrie que les moyens de substance sont limités. Mariama fait un petit commerce tandis que son mari qu’elle a rencontré en Côte d’Ivoire avant qu’ils ne s’installent au Sénégal il y a quatre ans, ne peut trouver un travail décent à même de lui permettre de subvenir aux besoins de son épouse, de ses quatre filles et de sa petite-fille. Modou a chamboulé le destin de toute une famille. 

 

*nom modifié 

Samedi 4 Septembre 2021
Dakaractu



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