Thiès / Destruction d'une œuvre d'art mosaïque : la toile s'enflamme entre indignation et reconnaissance


La réhabilitation de l’œuvre de Pape Ibra Tall à la Place de France qui a été annoncée par la mairie de la ville de Thiès, est en train de faire couler beaucoup d'encre. En effet, une vidéo virale qui circule sur les réseaux, montre ainsi des ouvriers en train de détruire l'œuvre d'art de l'artiste dénommé Pape Ibra Tall. 
 
Dans un communiqué rendu public, La Direction de l’Information et de la Communication de la Ville de Thiès, a déclaré qu'il s'agit "d’une opération de réhabilitation soigneusement encadrée, inscrite dans le vaste programme de rénovation et de requalification de cet espace urbain historique. Cette intervention s’inscrit dans une démarche de sauvegarde, de transmission et de mise en valeur du patrimoine artistique national.  Elle est conduite par les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (MSAD) de Thiès, institution de référence reconnue pour son expertise en matière de création, de conservation et de restauration des œuvres d’art majeures du Sénégal". 
 
À la suite de ce communiqué, le ministre de la Culture s'est à son tour fendu d'un  communiqué pour exprimer sa vive indignation. "Cette œuvre réalisée par le grand Maître Pape Ibra Tall[...], constitue un élément majeur du patrimoine artistique national et un témoignage précieux de la mémoire culturelle de notre pays. J'exprime ma vive indignation face à cet acte, qui porte atteinte à l'intégrité du patrimoine artistique et à l'héritage laissé par l'un des plus illustres créateurs sénégalais[...]. À cet effet, j'entends saisir officiellement le maire de la ville de Thiès, afin de solliciter toutes les informations utiles sur les motifs, les conditions et le cadre décisionnel ayant conduit à la destruction de ladite œuvre".
 
Sur la toile, les commentaires vont bon train. Pour certains internautes, c'est l'indignation générale. " Détruire une fresque historique érigée à Thiès depuis plus d’un demi-siècle ne saurait être banalisé ni réduit à un simple acte administratif. Il s’agit d’une atteinte grave à la mémoire collective, à l’identité urbaine et au patrimoine culturel de la ville. Une telle destruction constitue un véritable crime culturel, car elle efface une partie de l’histoire vécue et transmise par des générations de Thiessois. Un maire n’est ni le propriétaire de l’histoire, ni l’arbitre de ce qui mérite d’être conservé ou supprimé selon ses humeurs ou ses préférences personnelles. Gouverner une collectivité, c’est assumer une responsabilité de préservation, de protection et de transmission du patrimoine, et non se comporter en architecte de l’oubli[...], a réagi un Thiessois.
 
Prenant la balle au rebond, un autre commente en ces termes. " Il y a de quoi avoir peur. Et c'est dommage pour le Sénégal. La politique ne doit pas rimer avec la tricherie ou la démagogie au détriment des populations. Cette indignation calculée et taillée sur mesure électoraliste met en lumière le manque d'arguments solides ou d'alternative de leurs auteurs face à l'excellent travail que le maire Babacar Diop est en train de réaliser dans la ville de Thiés. J'attendais un débat sur les priorités telles la résilience, l'équité sociale, les infrastructures modernes, les bourses de formation, les aménagements, l'eau, l'environnement ainsi que les plaidoyers portés par ce dernier sur la sécurité, la relance du chemin de fer, l'industrie locale entre autres. Mais je suis déçu car on m'a servi un débat de bas niveau relatif à la réfection d'un mur par les services compétents. Il n'y a aucun acte que le maire a posé, après délibération du conseil municipal, qui est en déphasage ou en désaccord avec les services techniques déconcentrés. Par conséquent leur approbation est la preuve tangible d'une logique d'amélioration, d'embellissement et de promotion novatrice. La transformation structurelle de la ville en cours devrait nous mobiliser pour relever ensemble des défis présents et futurs mais aucune volonté égoïste ne devrait être privilégiée en opposition contre la vérité".
 
"Soudone maye Babacar Diop damaye danéle mur bi béne yone", a-t-on renchéri. "
En matière d'art, on ne remplace l'original par une copie. Elle a perdu toute sa valeur et son authenticité. C'est là le véritable problème. Dommage!!!", a ajouté un autre commentateur. 
 
"Les enjeux sont ailleurs cette fresque n'est qu'un prétexte". "Ce communiqué n'est qu'une annonce par rapport ak liy xaar Babacar Diop wa Pastef dougne ko may touss".
 
 
L'affaire est loin de connaître son épilogue!!!




Mercredi 7 Janvier 2026
Moussa Fall



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :