Traitement à base d'hydroxychloroquine et d’azithromycine : Le Sénégal passe outre les recommandations de l'Oms.


La décision de l’Organisation mondiale de la Santé consistant à suspendre les tests cliniques sur l’hydroxychloroquine suivie de ses recommandations aux pays qui utilisent cette molécule pour traiter leurs malades Covid-19 n’auront pas un écho favorable au Sénégal. Les autorités sanitaires du pays ont décidé de continuer de faire confiance à l’hydroxychloroquine dans le traitement thérapeutique des patients atteints du coronavirus. C’est du moins ce que le chef du centre des Opérations d’urgence sanitaire (COUS) a confié à nos confrères de l’Agence France presse. « Le traitement avec l'hydroxychloroquine va continuer au Sénégal, l'équipe du professeur Seydi maintient son protocole thérapeutique », a écrit le Dr Bousso à l’AFP. 

Contacté par Dakaractu aux fins de vérification, il a confirmé ses dires par un « oui » qui en dit beaucoup sur la détermination des équipes médicales à poursuivre le traitement entamé avec le médicament antipaludique. Ainsi, le Sénégal devient le troisième pays africain à désavouer l’Oms, après l’Algérie et le Maroc. 

Mais ladite démarche n’est pas surprenante pour ceux qui ont suivi les travaux du Professeur Moussa Seydi. Le responsable de la prise en charge médicale des malades de Covid-19 a très tôt pris ses responsabilités dans l'urgence, en suivant le « protocole Raoult » qui plébiscite la chloroquine pour soigner les porteurs du virus.

Les bons résultats obtenus par son équipe avec cette molécule associée à l’antibiotique azithromycine ont milité en faveur de leur maintien dans le schéma thérapeutique des cas positifs au Coronavirus. C’est pour cette raison que les conclusions de l’étude publiée vendredi dernier dans la revue anglaise The Lancet ont presque fait rire l’équipe du Pr Seydi.

Selon une source qui travaille avec l’infectiologue sénégalais, les chercheurs auteurs de l’étude publiée dans la revue The Lancet, n’ont pas tenu compte de ce qu’on appelle l’espace Qt des sujets qui ont présenté une arythmie cardiaque. « Les problèmes cardiaques ne peuvent être liés à la chloroquine de manière formelle », nous confie notre interlocuteur.

L’analyse rétrospective du Dr Mandeep Mehra prétend que l’utilisation de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine seule ou avec un antibiotique n’a pas d’apport sur les cas graves diagnostiqués positifs à la Covid-19 et augmenteraient les risques de décès.

Mais selon le Pr Didier Raoult, la chloroquine doit être aux premières heures du diagnostic. Une étude préliminaire menée par le Professeur Moussa Seydi a suffisamment démontré que le traitement à base d’hydroxychloroquine et de l’azithromycine diminuait la charge virale et raccourcissait la durée d’hospitalisation.  

Le Sénégal a démarré le traitement avec l’hydroxychloroquine le 19 mars, c’est-à-dire 17 jours après le diagnostic du premier cas de coronavirus. À ce jour, le tableau de l’évolution épidémiologique dans notre pays présente un nombre total de 3253 cas positifs, dont 1586 guéris, 38 décès et 1628 sous traitement.  
Mercredi 27 Mai 2020
Dakaractu



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