Santé et environnement : Ce que révèle l’analyse des données climatiques des stations météorologiques d’Abidjan et de Dakar de 1960 à 2018 (Étude)


Les résultats d’une étude qui a porté sur les liens entre les changements climatiques et les maladies diarrhéiques ont été rendus publics ce mercredi 29 septembre 2021, à Saly. C’est le fruit de recherches transdisciplinaires menées dans 2 villes secondaires de l’Afrique de l’Ouest, à savoir Mbour (Sénégal) et Korogo (Côte d’Ivoire) qui ont duré 2 ans, a appris Dakaractu. 

‘’Nous avons travaillé sur les questions de changements climatiques et les maladies diarrhéiques. Nous savons que ces maladies sont liées à l’eau et vont être très affectées par les impacts du changement climatique dans les années à venir’’, a déclaré le Dr Sokhna Thiam, coordinatrice dudit projet de recherche dont les résultats faisaient l’objet d’une présentation. Au cours de la présentation de ce projet intitulé ‘’Changements climatiques et maladies diarrhéiques en milieu urbain : une approche intégrée pour la durabilité dans deux villes secondaires d’Afrique de l’Ouest (Mbour et Korogho), le Dr Thiam a fait état des observations faites à la suite de l’analyse des données climatiques concernant ces deux villes ciblées. 

‘’Nous avons observé et fait une analyse des relations entre les paramètres climatiques à savoir la température et les précipitations, et l’incidence des maladies diarrhéiques sur une longue période. Aussi bien à Mbour qu’à Korhogo, nous avons analysé les données climatiques des deux stations météorologiques de 1960 à 2018 et avons observé une augmentation de la température moyenne et minimale à Mbour. Et cette augmentation de la température a eu des impacts sur l’incidence des maladies diarrhéiques car nous avons corrélé les données climatiques avec les données sanitaires que nous avons obtenues au ministère de la santé’’, a indiqué le Dr Thiam. 

Elle ajoute : ‘’Nous avons analysé ça de 2010 à 2018 et nous avons observé que la température moyenne, une association très positive entre la température moyenne et minimale et l’incidence de la diarrhée à Mbour. Nous avons aussi observé une forte incidence des maladies diarrhéiques dans la commune de Mbour. Aujourd’hui, nous sommes très heureux de partager ces résultats avec les décideurs et les communautés. Parce que nous pensons que les communautés, particulièrement les femmes, jouent un rôle très important quand on parle de maladie diarrhéique parce que c’est elles qui ont en charge l’alimentation des enfants’’. 

Elle signale toutefois que ‘’les changements climatiques n’ont pas d’impact direct sur la diarrhée, mais ont des impacts sur les facteurs endogènes qui sont des facteurs de risque des maladies diarrhéiques tel que l’accès à l’eau, l’assainissement, les inondations. Et quand il y a de fortes températures, il y a l’indisponibilité de l’eau et des problèmes de qualité de l’eau. Quand il y a des inondations, il y a aussi des problèmes de qualité de l’eau qui peuvent impacter la transmission des maladies diarrhéiques surtout chez les enfants’’.

Chercheure à l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef), spécialiste des questions climat, environnement et santé, elle évoque quelques objectifs attendus de l’étude bouclée. Il est attendu ‘’à la fin de cette restitution que les populations et les décideurs comprennent les liens qui existent entre les paramètres climatiques et les maladies diarrhéiques’’. 

Pour le choix porté sur Mbour, elle a tenté de l’expliquer : ‘’C’est parce que nous avons travaillé sur Mbour. Nous avons fait nos recherches doctorales sur la ville de Mbour. Il y avait beaucoup de perspectives. Mbour, on peut dire que c’est la 3e ville en terme de populations avec beaucoup de problèmes urbains et environnementaux. C’est ce qui nous a poussé à continuer les perspectives de nos recherches dans la ville de Mbour pour travailler sur ces questions environnement et santé en lien avec les diarrhées’’. 
Mercredi 29 Septembre 2021




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