Rappel à Dieu du Khalife des mourides : Serigne Sidy Moukhtar, le vecteur de l'unité, s'en est allé


Rappel à Dieu du Khalife des mourides : Serigne Sidy Moukhtar, le vecteur de l'unité, s'en est allé
Serigne Sidy Moukhtar Mbacké, le trait d’union entre les confréries, s'en est allé. Son départ charrie une atmosphère lourde de solitude au sein de la communauté musulmane sénégalaise et de toute la Oumah Islamique. Sa disparition laisse un vide qu'il sera difficile de combler au vu des nombreux témoignages les plus élogieux les uns envers les autres. Décrit comme un Soufi, très porté sur la méditation, doublé d'un unificateur hors pair, le 7ème Khalife de Bamba s'est évertué, durant toute sa vie ici-bas, à préserver la cohésion des familles religieuses du pays pour consolider  ce commun vouloir de vie commune qui nous unit en tant que nation.
Le défunt Khalife général des Mourides aidait, chaque année, des fidèles à aller faire leurs dévotions musulmanes aux Lieux saints de l'Islam. Ceci traduit toute la dimension sociale de l'homme. Dépeint également comme un homme de Dieu, pour avoir réuni en lui les qualificatifs se référant à sa réputation d'unificateur, sa dimension spirituelle et psychologique a fait de lui un homme désintéressé. Serigne Sidy Moukhtar n'hésitait pas, malgré le poids de l'âge, à faire des démarches pour éteindre les foyers de tension sociale. Cette dimension lui conférait la faculté de réunir, en toute discrétion et autour d'une même table, des antagonistes qu’aucune évidence ne prédisposait à se retrouver. 

Son dévouement à son grand père, Cheikh Ahmadou Bamba, était tel que, depuis juillet 2010, date de son intronisation, le successeur de Mouhamadou Lamine Bara Mbacké affichait une ligne de pensée identique à celle du fondateur du mouridisme. Dans le domaine religieux, ses positions étaient intéressantes et s'inscrivaient dans la voie de Serigne Touba. Une voie qui, n’étant pas directement politique, était débarrassée de calculs afférents à une quelconque stratégie de conquête du pouvoir. Cette voie-là transcende le matérialisme décadent et se projette au-delà des clivages habituels. Le marabout s’était notamment prononcé sur la célébration, dans la division, des fêtes musulmanes.Le Khalife avait aussi souligné l'importance de tenir les confréries à l'écart des rivalités. 

Qu’en est-il de l’union confrérique ? Dans son discours devant les fidèles en 2010, la position du Khalife était clairement formulée. Il appelait à retrouver foi en l’avenir et en la tolérance, ainsi qu’à éviter tout clivages entre Touba et Tivaouane. Il souhaitait également un réveil des fidèles face aux fauteurs de troubles. Ces idées ont été saluées par de nombreuses fractions religieuses, de la Tijania au Mouridisme en passant par les Layènes et Khadrs. Le Khalife Serigne Sidy Moukhtar, consciemment ou non, s’est imposé, durant son Khalifa, comme un unificateur, la figure publique mettant régulièrement d’accord  toutes les confréries du pays. Ce qui avait provoqué un soudain une admiration, qui force et forge le consensus, pour et autour d’un personnage religieux de très haute autorité. 
Mercredi 10 Janvier 2018
Dakaractu



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