Les centrales syndicales, sous la houlette de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), ont organisé une marche « citoyenne, républicaine et pacifique », ce mercredi 8 avril avec comme point de départ le Cerf-volant jusqu'au Rond Point Jet d'eau, pour alerter l’opinion publique et les autorités sur la dégradation du climat social. À travers cette mobilisation, leur secrétaire général, Mody Guiro, a plaidé pour une relance sincère du dialogue social.
Selon le leader syndical, cette marche se veut avant tout un appel à la responsabilité collective. « Il est nécessaire de travailler ensemble pour la mise en œuvre d’un dialogue social inclusif », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de bâtir un environnement apaisé, favorable à la production et à la dignité des citoyens.
Au cœur des revendications figure le pacte social signé avec le gouvernement, censé garantir un climat serein sur une période de trois ans. Si des concertations ont été entamées, les syndicats dénoncent une mise en œuvre incomplète des engagements pris. « Nous étions sur de bonnes pentes, mais nous sommes restés sur notre faim », a regretté Mody Guiro, pointant notamment le non-respect intégral des accords.
Parmi les principales préoccupations soulevées, la question des licenciements jugés « injustes » occupe une place centrale. Les syndicats estiment que les droits des travailleurs concernés n’ont pas été respectés, malgré des tentatives de médiation jugées insuffisantes.
Autre point de crispation : le système de rémunération dans la fonction publique. Les syndicats dénoncent un dispositif « inéquitable, opaque et non transparent », marqué par des disparités entre agents occupant les mêmes fonctions avec des qualifications équivalentes.
Les indemnités, notamment celles liées au logement, cristallisent également les tensions. « Cette question cache d’autres injustices qu’il faut corriger pour plus de justice sociale », a soutenu le secrétaire général de la CNTS.
Plusieurs secteurs en crise
Les difficultés ne se limitent pas à la fonction publique. Les secteurs de l’éducation, de la santé et des transports sont également touchés par des revendications liées aux primes et aux conditions de travail.
La situation est particulièrement tendue dans les transports, où des mouvements de grève sont en cours, notamment au niveau de structures publiques comme Dakar Dem Dikk et du Port autonome de Dakar. Les syndicats appellent l’État à jouer pleinement son rôle d’arbitre pour favoriser une sortie de crise.
Par ailleurs, la suspension de l’accord d’entreprise à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) est également dénoncée comme une source de tensions supplémentaires.
Un appel à restaurer la confiance
Au-delà des revendications sectorielles, les organisations syndicales insistent sur la nécessité de restaurer la confiance entre les partenaires sociaux. Pour elles, aucun objectif de développement ne pourra être atteint sans un climat social apaisé.
« Ce n’est pas une marche politique, mais une marche pour dire au gouvernement ce que veulent les travailleurs », a conclu Mody Guiro, réaffirmant la disponibilité des syndicats à dialoguer pour parvenir à des solutions durables.
Cette mobilisation intervient dans un contexte où les attentes sociales restent fortes, posant à l’État le défi de concilier impératifs économiques et justice sociale.
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