Radicalisation en milieu carcéral africain : Le Bureau Paix et Sécurité de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung pose le débat


Mercredi 28 mars, le Bureau Paix et Sécurité de la Fondation Friedrich Ebert Striftung a restitué une étude portant sur la radicalisation en milieu carcéral. Un travail fait par Sylvain Landry Faye et qui a été présenté par le Professeur Oumar Ndongo, spécialiste des questions liées au radicalisme. 

Loin de donner les causes de la radicalisation en général, cette étude a eu pour objectif de poser le débat pour cerner le processus avant de faire des recommandations pour une meilleure compréhension du sujet et des enjeux qu'il implique. "En Afrique particulièrement, les prisons sont interpellées d'abord parce que de plus en plus de jeunes radicalisés ayant commis des actes terroristes, extrémistes violents y sont détenus (Mali, Nigeria, Cameroun). Au Sénégal, deux djihadistes algériens de retour de la Syrie ont été arrêtés à la frontière avec la Mauritanie et détenus à la prison de Rebeuss. Ces détenus spéciaux requièrent de la part de l'administration pénitentiaire des mesures spécifiques pour les prendre en charge et les déradicaliser, tout en évitant les phénomènes de contamination des autres détenus non connus pour des liens avec le radicalisme religieux à leur entrée en prison", pose l'étude. Selon laquelle, les facteurs qui favorisent la radicalisation en prison ont pour noms: vulnérabilité socio-familiale, surpeuplement des prisons qui rapproche les détenus, faiblesse des moyens mis à la disposition des personnels des lieux de privation.

Isolement des détenus accusés de terrorisme

En effet, participant à l'atelier en tant que panéliste, le chef de la Division sécurité de l'administration pénitentiaire, l'inspecteur Serigne Thiaw, a admis que l'architecture des prisons au Sénégal, la surpopulation carcérale, l'insuffisance du personnel de surveillance constituent des facteurs favorisant la radicalisation en milieu carcéral. En face, tempère-t-il, il y a des limites qui défavorisent le développement de la radicalisation en prison. L'Inspecteur Thiaw a aussi cité le maintien du lien familial, isolement des détenus dans un quartier spécial. A ces bons points s'ajoutent un personnel qualifié pour surveiller les détenus poursuivis pour terrorisme présumé, un suivi psycho-social sans oublier la sensibilisation avec le concours d'Imams dont le discours porte auprès de la cible. Sur cette dernière question, l'assistance a voulu savoir davantage sur les profils des Imams, mais la réponse du représentant de l'administration pénitentiaire s'est contenté de dire que l'appartenance du religieux au salafisme ou au soufisme importe peu. Le plus important, pour lui, c'est que le contre-discours tienne.  

Les femmes dans les mouvements djihadistes  

Le traitement des femmes accusées d'associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste s'est invité aux débats. Mais sur ladite question, l'Inspecteur Thiaw a rassuré l'assistance en soutenant que les femmes jouissent de conditions plus souples que les hommes et qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter quant à une éventuelle discrimination. De quoi consoler la gent féminine et les associations qui luttent pour la défense des droits des femmes. Cependant, la question qui reste en suspens est le rôle des femmes dans les mouvements djihadistes. Sont elles victimes ou actrices ? La balle est dans le camp des chercheurs pour éclairer la lanterne de l'opinion. 
Mercredi 28 Mars 2018
Dakaractu



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