Putsch au Gabon : Coup d’arrêt pour une dynastie au pouvoir depuis plus d'un demi siècle?


C’est en 1967 qu’Omar Bongo succède à Léon Mba. À la mort de ce dernier la même année, c’est son directeur de cabinet, Albert-Bernard Bongo, qui lui succède à la présidence. 
Converti à l’Islam en 1973, celui-ci prend le nom d’Omar Bongo et y ajoute le patronyme de son père, Ondimba. Il crée le Parti démocratique gabonais et l’impose comme parti unique. Il est ainsi réélu en étant le seul candidat, en 1973, en 1979 et en 1986, avec plus de 99 % des voix.


En septembre 1990, des élections législatives, libres et transparentes, ne donnent qu'une faible majorité au Parti démocratique gabonais (PDG). En décembre 1993, il concourt à sa première élection présidentielle concurrentielle. Il est réélu au premier tour avec 51 % des suffrages, résultat non reconnu par les candidats de l'opposition. Omar Bongo reste ainsi, près de 42 ans, à la tête du Gabon.


Omar, profite bien des richesses de son pays, notamment le bois, le manganèse et surtout le pétrole, Omar Bongo dirige son pays d’une main de fer, assoit son pouvoir et s’enrichit en même temps. L’explosion du cours du baril après 1973, puis en 1979, lui permet d’utiliser la manne pétrolière pour moderniser les infrastructures du pays. Il fait construire des routes, des voies de chemin de fer, des ports, des centrales électriques et met en place la compagnie aérienne Air Gabon.


Son décès en 2009 instaure une guerre de succession. Marié à deux reprises, ayant eu en outre plusieurs compagnes, le patriarche a reconnu officiellement 52 enfants. Toutefois, ce sont deux enfants issus de ses mariages, Pascaline et Ali, qui se disputent l’héritage politique.


Le Parti démocratique gabonais a finalement choisi Ali Bongo, alors ministre de la défense, pour le représenter à l’élection présidentielle. Le 31 août 2009, Ali Bongo se déclare gagnant, avant même la publication des résultats. Il entame ainsi son règne qui va durer 14 ans à nos jours.
À peine élu, l’héritier prend ses distances avec la France, notamment pour rompre avec la politique de proximité du père. À Paris, neuf autres enfants d’Omar Bongo sont mis en examen pour des « biens mal acquis », patrimoine immobilier constitué en France avec de l’argent public détourné du Gabon.
 
Ali Bongo se présente à l'élection présidentielle du 27 août 2016. Il remporte le scrutin avec 49,8 % des voix. Sa victoire est contestée par l'opposition, dont le principal candidat, Jean Ping, est battu de seulement 5 000 voix par Bongo.
En 2019, alors qu’il est en convalescence à l’étranger après un AVC, un groupe de militaires lance une tentative de coup d’État, toutefois mise en échec. Ali Bongo disparaît pendant 10 longs mois. Ces soubresauts ne le dissuadent pas de briguer un troisième mandat en 2023. C’est la campagne présidentielle de 2023 qui marquera son grand retour. Une période préélectoral même contestée n’aura pas empêché d’organiser l’élection le 26 août dernier devant son adversaire de taille Albert Ondo Ossa qui remporte plusieurs centres de vote.


Dans la nuit du mercredi 30 août 2023, Ali Bongo est proclamé vainqueur avec 64,27% des suffrages valablement exprimés.
 
Pour le moment, c’est le général Brice Oligui Nguema, chef de la garde républicaine (GR), garde prétorienne du président déchu Ali Bongo Ondimba qui a été porté en triomphe mercredi par des centaines de militaires quelques heures après un coup d'État après le putsch de ce mercredi. Une déclaration est attendue dans les prochaines heures pour voir la suite de transition qui se dessine. 
Une nouvelle donne dans ce pays très riche en pétrole, uranium,  manganèse, etc..., mais dont la population vit toujours au seuil de la pauvreté, qui semble mettre fin à la dynastie des Bongo laquelle aura duré plus de 5 décennies. 
Mercredi 30 Août 2023
Dakaractu




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