Perturbations du système éducatif : la COSYDEP décrypte le message des élèves et invite l’État et les syndicats à rassurer.


L’année scolaire 2021-2022 entame laborieusement son deuxième trimestre dans un contexte marqué par des turbulences liées à des grèves déclenchées par les syndicats d’enseignants, avec une succession de débrayages, de grèves totales et de manifestations de rue ; des manifestations d’apprenants, provoquant des affrontements entre élèves et forces de l’ordre ; un déficit de dialogue sincère entre les principaux acteurs du fait de l’actualité politique marquée par le dénouement des élections locales et la projection vers les législatives ; l’imminence des élections syndicales qui absorbent les organisations d’enseignants ; des exigences de mise aux normes de l’environnement des apprentissages, d’une meilleure prise en charge des sous-secteurs négligés et du droit à l’éducation sans exclusion.

Il est regrettable de constater que les craintes exprimées par les acteurs et partenaires en général et la COSYDEP, en particulier à travers ‘‘Yobelu Vacances’’, ‘‘Nos Vacances pour l'École'' et diverses autres alertes, n’aient pas été exploitées à temps pour juguler les risques de turbulences, susceptibles d'entraîner le blocage du fonctionnement de l’institution scolaire. Le contexte actuel donne ainsi des raisons de s’inquiéter, au regard de l’angoisse exprimée par les élèves, de la démotivation des enseignants et de l’anxiété des parents. Pourtant ces élèves ne réclament que le respect de leur droit à l’éducation, avec un slogan ‘‘NOUS VOULONS ETUDIER’’ 

Considérant le rôle du capital humain dans le développement d’un pays et persuadée que l’éducation est le premier facteur de production de ressources humaines de qualité, la COSYDEP dénonce la répression, par les forces de l’ordre, des manifestations d’élèves dont le seul tort est de réclamer le déroulement normal des enseignements.

L’attention des acteurs est attirée sur la nécessité de ne pas compromettre l’élan des enfants et des jeunes, soucieux de leur avenir, par des réponses inappropriées ; exprime ses préoccupations par rapport aux pertes sur le quantum horaire déjà insuffisant, ensuite fortement impacté par le COVID et enfin dangereusement menacé par les nombreux plans d’action qui font perdre une centaine d’heures par semaine. Ce déficit horaire risque d’être irréparable pour certaines disciplines car les grèves sont organisées les mêmes jours pour chaque plan d’actions. La COSYDEP demande également à l’État d’assumer pleinement son rôle de garant du droit à l’éducation de tous les enfants.

En effet, ce sont les écoles publiques, déjà suffisamment éprouvées, qui subissent des perturbations que les évaluations ne prennent pas en compte. En outre la COSYDEP exhorte les autorités à affronter le rapport sur le système de rémunération des agents de l’État qui constitue une question, certes complexe mais reconnue légitime. Elle  appelle enfin  les syndicats d’enseignants et le gouvernement du Sénégal à créer les conditions assurant la continuité des enseignements. Pour ce faire, les parents et autres organisations citoyennes devraient jouer pleinement leur rôle.    
 
Mardi 1 Février 2022
Dakaractu




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