À l’occasion de son premier Ordre du jour en jargon militaire ou déclaration de politique Générale, ce mardi 17 février 2026 au Camp Dial Diop, le nouveau Chef d’État-Major Général des Armées (CEMGA), le vice-amiral d’escadre Oumar Wade, a exposé sa feuille de route. Une déclaration qui fixe cinq axes prioritaires, avec en toile de fond la consolidation des capacités nationales et le renforcement de la coopération internationale, notamment dans le cadre de la CEDEAO.
Face à des « défis multiples et concurrents », le CEMGA a affiché une ambition claire : poursuivre l’édification d’une armée professionnelle, ancrée dans son cœur de métier, prête à l’emploi, républicaine et engagée dans le développement socio-économique de la Nation, tout en contribuant à la sécurité collective sous-régionale.
Parachever le Format 2025 et préparer l’horizon 2035
La première priorité porte sur l’achèvement du « Format 2025 » et la préparation de l’horizon 2035. Les armées sénégalaises se trouvent, selon lui, à une période charnière marquée par la finalisation du cycle de renforcement capacitaire et l’amorce d’un plan de consolidation 2025-2029.
Il s’agira notamment de combler les déficits capacitaires restants, d’adapter l’organisation des échelons d’emploi et des structures de commandement aux exigences des conflits contemporains. Une politique d’acquisition réaliste et maîtrisée devra permettre de répondre aux besoins immédiats en équipements, tout en optimisant les coûts dans le cadre d’un plan directeur pluriannuel.
Renforcer la posture sécuritaire orientale
Deuxième axe majeur : la densification du dispositif sécuritaire dans la zone orientale du pays. Face à l’instabilité persistante au Sahel et à ses répercussions directes sur la sécurité nationale, le renforcement du maillage sécuritaire dans cette zone est présenté comme une priorité stratégique.
Adapter la politique des ressources humaines
La troisième priorité concerne la réforme de la gestion des ressources humaines. Le CEMGA souhaite une vision globale du parcours professionnel du militaire sénégalais, du recrutement à la reconversion.
L’accent sera mis sur : la création de nouvelles filières, l’adéquation emploi-grade, l’amélioration de l’environnement social du militaire, et l’intégration des nouveaux métiers liés aux mutations technologiques.
Les cyber-opérateurs, analystes en intelligence artificielle (IA), techniciens de drones et spécialistes en guerre électronique bénéficieront de parcours spécifiques, avec des passerelles vers le secteur civil afin de maintenir l’attractivité des carrières militaires.
Dans cette dynamique, la formation devra anticiper les évolutions technologiques, avec la création d’écoles spécialisées telles qu’une École de cyberdéfense, un centre de formation aux systèmes autonomes et un Institut de guerre électronique.
Améliorer la préparation et la logistique opérationnelles
Quatrième priorité : renforcer la préparation opérationnelle et la logistique, considérées comme garantes de l’aptitude à l’engagement.
Si les opérations sont de plus en plus interarmées, elles nécessitent des expertises consolidées au sein de chaque composante. Les commandements organiques devront ainsi assumer pleinement leur responsabilité en matière de préparation opérationnelle.
Le soutien logistique devra être densifié et rapproché des zones d’effort, avec une culture renforcée du maintien en condition opérationnelle (MCO). L’objectif est d’assurer la fluidité des stocks et des flux pour alimenter, soigner, déplacer et soutenir efficacement les forces engagées.
Ancrer la résilience territoriale dans la communauté
Enfin, la cinquième priorité vise à développer la résilience territoriale face à l’hybridité des menaces, aux risques climatiques et industriels.
Le vice-amiral d’escadre Oumar Wade plaide pour une culture de défense partagée, indispensable à la cohésion nationale. Selon lui, la veille citoyenne constitue le premier maillon de la protection, en appui aux autorités territoriales.
La coopération internationale comme pilier stratégique
Au-delà des priorités nationales, le CEMGA a réaffirmé l’importance de la coopération internationale. L’engagement du Sénégal au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est présenté comme un levier essentiel pour faire face aux menaces transfrontalières.
Cette approche collaborative permet, selon lui, de mutualiser les coûts, d’optimiser les ressources et de développer une réponse coordonnée aux défis sécuritaires communs, tout en préservant la souveraineté et les intérêts nationaux.
-
[ Reportage] Préparatifs du Ramadan : Clients et commerçants pris en étau par la cherté des prix et les déguerpissements
-
Mort d’Abdoulaye Bâ / Me Bamba Cissé sort le couperet : plusieurs hauts gradés limogés
-
Téléphones saisis, messages d’amour révélés : Birame Bigué au cœur de la 3e vague d’arrestations...l’affaire qui ébranle médias et célébrités
-
Affaire Farba Ngom : le Procureur général se pourvoi en cassation
-
Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : le journaliste Pape Biram Bigué Ndiaye interpellé en pleine conférence de presse du Procureur Ndoye




