L’atmosphère était lourde, presque solennelle, hier à l’Assemblée nationale. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, le député Farba Ngom a été extrait de sa cellule pour comparaître physiquement devant la Commission ad hoc chargée de statuer sur la demande de levée de son immunité parlementaire. Une audition très attendue, marquée par des échanges tendus, des arguments juridiques affûtés et un vote final qui scelle une étape décisive dans ce dossier politico-judiciaire sensible.
Une exigence satisfaite
Comme il l’avait souhaité, le maire des Agnam (Matam) a tenu à se présenter en personne devant les onze députés membres de la Commission. Une requête acceptée par l’Assemblée nationale. D’après L’Observateur, le responsable de l’Alliance pour la République (Apr) au Fouta est arrivé avant 10 heures, vêtu d’un boubou blanc traditionnel, escorté par trois agents de sécurité.
Calme et déterminé, il aurait même échangé brièvement avec certains collègues avant l’ouverture officielle de la séance. Selon les sources du journal, c’est lui-même qui aurait demandé le démarrage à l’heure exacte prévue.
L’audition s’est tenue dans la salle Marie Joséphine Diallo, sous la conduite du rapporteur Youngar Dione, qui aurait été le seul à interroger le député mis en cause.
Téléphones en cellule : la ligne de défense
Au cœur des questions : l’introduction de téléphones dans sa cellule et les images qu’ils contiendraient. Selon L’Observateur, Youngar Dione a interrogé Farba Ngom sur la manière dont ces appareils ont pu se retrouver dans sa chambre.
La réponse du député aurait été nette : il a invoqué la loi, soutenant que celle-ci sanctionne celui qui introduit l’objet prohibé et non celui qui le reçoit. « Je n’étais pas dehors, mais dans ma cellule », aurait-il insisté. Concernant les images évoquées, il aurait affirmé être resté dix jours sans accès à son téléphone.
Une ligne de défense qui, selon le quotidien, aurait trouvé un écho favorable auprès de son avocate, Aissata Tall Sall, également présidente du groupe parlementaire Takku Wallu (opposition).
Procédure contestée et débats houleux
Lors des discussions, Me Aissata Tall Sall est montée au créneau, qualifiant la procédure d’« illégale et infondée » et demandant son annulation pure et simple.
Pour rappel, Farba Ngom est sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et d’escroquerie portant sur des deniers publics.
Les débats ont été marqués par des arguments et contre-arguments nourris. Fait notable rapporté par L’Observateur : un membre éminent du groupe majoritaire aurait émis des réserves sur la régularité de la procédure, évoquant même une possible violation.
Avant le vote, le président du groupe majoritaire, Ayib Daffé, aurait demandé une suspension de séance de cinq minutes afin de se concerter avec les membres de son groupe.
Un vote serré, une abstention lourde de sens
Au moment du vote, la Commission ad hoc a tranché :
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8 députés ont voté pour la levée de l’immunité parlementaire,
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2 ont voté contre,
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1 s’est abstenu.
Cette abstention, attribuée à un député du groupe Pastef selon L’Observateur, souligne les fissures apparentes même au sein de la majorité sur la gestion de ce dossier.
La procédure est désormais adoptée en Commission. La suite dépendra des prochaines étapes institutionnelles, dans un climat politique déjà électrique.
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