Ngaparou : un téléviseur codé fait tomber cambrioleurs et receleur


Un cambriolage savamment préparé, un butin écoulé en catimini… et un simple téléviseur protégé par un code qui fait tout basculer. À Mbour, une affaire de vol spectaculaire survenue à Ngaparou s’est dénouée de façon aussi inattendue qu’embarrassante pour les auteurs. Selon le récit détaillé de L’Observateur, trois jeunes cambrioleurs et leur receleur ont finalement été confondus quatre mois après les faits, à cause d’une imprudence aussi audacieuse qu’absurde : faire débloquer un appareil volé… chez la victime elle-même.

 

L’affaire a été examinée par le Tribunal de grande instance de Mbour, mardi 6 janvier. À la barre, quatre prévenus, dont trois jeunes âgés de 20 à 22 ans, ont comparu pour répondre d’un cambriolage qui avait visé, en août 2025, le magasin du commerçant N. Fall, établi à Ngaparou.

 

 

Un coup monté de l’intérieur

 

 

D’après L’Observateur, tout commence lorsque C. T. Mbengue, lycéen et employé occasionnel du commerçant, informe deux amis, S. Tine et O. Kandji, de l’arrivée d’un important stock de marchandises. Originaires de Nguékhokh, les trois jeunes montent alors une opération ciblée. Munis d’un outillage décrit comme « sophistiqué », ils forcent les portes du magasin et repartent avec la quasi-totalité du stock : téléviseurs, ventilateurs, téléphones portables de marque et rallonges électriques.

 

 

Le butin est provisoirement caché au domicile de O. Kandji, le temps de trouver des acheteurs. S. Tine est chargé de l’écoulement. Il entre en contact avec A. Niang, vendeur de téléphones portables à Ngaparou. Ce dernier accepte de prendre cinq écrans plats et plusieurs ventilateurs, non pas contre de l’argent, mais en échange de quatre iPhone. Le reste des marchandises est vendu à la sauvette dans plusieurs localités : Nguékokh, Sindia, Diass et Mbour.

 

 

L’erreur fatale du receleur

 

 

Alors que la bande pense avoir brouillé toutes les pistes, le détail de trop va provoquer leur chute. En décembre 2025, relate L’Observateur, le receleur A. Niang se rend chez le commerçant N. Fall pour lui demander de débloquer un téléviseur protégé par un code. Une démarche pour le moins risquée.

 

En examinant l’appareil, le commerçant découvre, sous le téléviseur, son propre nom et son numéro de téléphone. Il comprend immédiatement qu’il s’agit de l’un de ses biens volés. Sans éveiller les soupçons, il accepte de débloquer l’appareil, puis se rend aussitôt déposer plainte à la brigade de gendarmerie de Ngaparou.

 

Interpellé, A. Niang passe rapidement aux aveux et dénonce ses fournisseurs. O. Kandji, S. Tine et C. T. Mbengue sont à leur tour arrêtés et placés sous mandat de dépôt à la prison de Mbour.

 

 

Des peines fermes prononcées

 

 

À l’audience, les trois cambrioleurs présumés ont longuement détaillé leurs rôles respectifs. La partie civile, N. Fall, a évalué son préjudice à plusieurs millions de FCfa, précisant que le téléviseur le moins cher valait au minimum 120 000 FCfa. À l’inverse, le receleur a reconnu avoir échangé l’ensemble du butin contre des téléphones d’une valeur totale n’excédant pas 200 000 FCfa, bradant ainsi des biens de grande valeur.

 

Le procureur de la République, cité par L’Observateur, a fustigé un comportement « malsain et irresponsable ». Il a requis trois ans de prison ferme contre les trois cambrioleurs et deux ans ferme contre le receleur, parfaitement conscient, selon lui, de l’origine frauduleuse des marchandises.

 

Le verdict est tombé hier : les trois cambrioleurs ont été condamnés à deux ans de prison, dont six mois ferme. Le receleur, A. Niang, écope quant à lui de six mois ferme, assortis d’une amende de 300 000 FCfa.

Jeudi 15 Janvier 2026
Dakaractu



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