Migration irrégulière : l’appel de l’Association nationale des partenaires migrants aux États africains et à l’Union Européenne

Le sort des migrants africains continue de hanter les organisations de la Société civile du continent noir aussi bien que celles de l’occident. Face au nombre de morts qui continuent d’attrister le monde, l’Association nationale des partenaires migrants a brisé le silence pour interpeller les États africains mais aussi l’Union européenne.


« Ce que nous disons à l’État du Sénégal et à l’Union européenne, avant de s’engager dans des financements, c’est de faire des enquêtes sociologiques, de voir les situations des gens, d’aller à la base, parler avec les jeunes et leur accorder des financements conséquents qui leur permettent de s’en sortir », a dit M. Diop

Aux autorités des États africains, appel leur a été fait d’unir leurs forces. « Ce qui manque, c’est que l’Afrique parle d’une seule voix, en particulier la Cedeao. Nous pensons que les États ne devraient pas partir en rangs dispersés pour attirer le maximum de fonds. Malheureusement, c’est ce qui se passe », a dit M. Diop.
Pour lui, il urge que l’Union Africaine ou à défaut, la Cedeao qui renferme les pays les plus impactés, prenne en charge ce phénomène, définisse une politique migratoire régionale et s’assoie en face de l’Union européenne pour régler ce problème au lieu que chacun essaie de tirer le tapis vers lui. « Nous pensons que c’est cela la solution ».

Président de ladite structure qui regroupe 9 entités de migrants à travers les régions de Diourbel, Dakar, Thiès, Fatick et aussi à Vélingara, Cheikh Diop au micro de Dakaractu, a profité d’une conférence initiée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale dédiée aux migrants, pour porter un plaidoyer à l’endroit des jeunes.

« La liberté de mouvement est un droit fondamental pour tout être humain. Mais, elle doit se faire dans les conditions idoines. Il faut éviter de s’engager dans une émigration en passant par des voies détournées, ou irrégulières. Notre rôle ce n’est pas de leur demander de ne pas y aller. Mais nous considérons que la meilleure sensibilisation qu’on peut faire pour les jeunes c’est de les aider à s’insérer, à se réinsérer pour ceux qui sont parvenus à avoir des projets viables », a-t-il indiqué.

Relativement à cette journée internationale dédiée aux droits des migrants et de leurs familles, il a rappelé qu’elle « a été instituée par les Nations-Unies avec une charge que la quasi-totalité ou l’ensemble des pays développés refusent de ratifier parce que cela donne des obligations, des devoirs aux États envers les migrants que les pays européens ne veulent pas ratifier. Ce sont, malheureusement, les pays du Sud qui sont les principales victimes de cette situation », regrette le président de ladite organisation.

Celui-ci de préciser que « cette célébration se veut pour objectif » de rappeler, à l’opinion internationale, les droits des migrants de leur rappeler que la migration est un phénomène d’enrichissement culturel, économique et social pour les pays de départ et les pays d’accueil par le brassage des populations et des cultures par la stabilité économique en particulier les pays du Sud à travers les envois des migrants.

« Nous savons tous que ces envois sont beaucoup plus importants que l’aide au développement des pays européens. Donc, ce jour, est célébré partout dans le monde, par les organisations de la société civile pour rappeler aux États leurs devoirs. Et là, nous saluons les efforts et le combat de la société civile des pays occidentaux. Il y a beaucoup de changements qu’ils ont forcés leurs États à faire par leurs actions, par leur militantisme
 ».

Cette journée rappelle, encore une fois, que « toutes ces actions de solidarité poussent les organisations de la Société civile à encore mettre la pression sur les États pour que les droits humains de migration soient respectés dans tous les pays. Ce qui n’est pas le cas”, dira-t-il.
 
 
Mardi 21 Décembre 2021
Dakaractu




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