Macky Sall à l’ONU : Aïssata Tall Sall démonte les critiques et défend une candidature « historique »


Face aux détracteurs de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a choisi l’offensive. Lors d’une conférence de presse, son porte-parole a livré une plaidoirie méthodique, balayant les arguments des sceptiques à coups d’exemples historiques et de réalités diplomatiques que beaucoup semblent ignorer.
Premier argument avancé est de rappeler que dans le système onusien, la personnalité du candidat prime sur son pays ou sa région d’origine. Ce n’est donc pas tant le Sénégal ou l’Afrique qui porte Macky Sall, mais bien le profil de l’homme, sa stature internationale et le moment géopolitique qui rendent sa candidature pertinente et crédible.
Pour étayer cette thèse, Me Aïssata Tall Sall a convoqué l’histoire. Kofi Annan a dirigé les Nations unies pendant dix ans, succédant à l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali qui en a assuré la présidence pendant cinq ans. Quinze ans de présidence africaine consécutive et pourtant, l’on continue d’agiter le principe de rotation pour disqualifier les candidatures africaines. Mieux encore, deux secrétaires généraux européens se sont succédé sans que personne ne s’en émeuve, tous deux issus d’Europe du Nord, l’un norvégien, l’autre suédois.
 
C’est la vision de Macky Sall qui a été mise en avant. L’ancien chef de l’État a en effet soumis aux Nations unies un programme stratégique en trois axes. Il entend d’abord forger une vision intégrée de la paix et de la sécurité, ramenant ainsi l’institution à ses fondements de 1945, nés du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale. Selon Me Aïssata Tall Sall, Macky ambitionne ensuite de rénover et de revitaliser le multilatéralisme, pour que les grandes décisions engageant l’avenir de l’humanité soient le fruit d’une concertation réelle entre toutes les nations. Enfin, elle rappelle que son leader projette de rationaliser la gouvernance onusienne en simplifiant les procédures et en éliminant les doublons qui alourdissent le fonctionnement de l’organisation.
 
Terminant  ses propos, la présidente du groupe parlementaire de l’opposition a rappelé les étapes qui jalonnent la désignation du futur secrétaire général. Le poste n’est pas pourvu par élection mais par nomination : le Conseil de sécurité formule une proposition, que l’Assemblée générale est ensuite appelée à ratifier. Or au sein du Conseil, estime la parlementaire, les cinq membres permanents France, Grande-Bretagne, États-Unis, Russie, Chine disposent chacun d’un droit de veto. Convaincre les P5, puis les membres non permanents, constitue donc le véritable enjeu diplomatique de l’heure. L’Union africaine, dont le Burundi assure la présidence tournante, a déjà apporté son soutien formel à la candidature. La prochaine bataille se joue donc dans les couloirs des grandes capitales mondiales.
 
C’est précisément sur la question du soutien sénégalais que le ton s’est fait le plus acéré. Sans détour, Me Aïssata Tall Sall a jugé « inédit et regrettable » que le Sénégal soit le seul pays à ne pas soutenir l’un de ses fils pour un poste aussi éminent. En guise de contre-exemple, elle a rappelé qu’Abdoulaye Wade, pourtant rival politique d’Abdou Diouf, avait su dépasser ses réserves personnelles pour soutenir la candidature de ce dernier à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. « Je ne peux pas faire ça au Sénégal », avait alors tranché Wade. Une leçon d’intérêt national que les autorités actuelles semblent, selon Takku Wallu, avoir oubliée.
 
Selon l’ancienne ministre de la justice, que le Sénégal se rallie maintenant ou plus tard, la machine diplomatique est en marche et ne s’arrêtera pas.
Lundi 30 Mars 2026
Dakaractu



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