Après sept longues années passées derrière les barreaux en détention préventive, A. Tall a finalement retrouvé la liberté. Poursuivi pour le meurtre de la prostituée F. Ndao, dont les effets personnels avaient été retrouvés en sa possession, ce vendeur de Tangana a été reconnu non coupable et acquitté par la Chambre criminelle de Mbour. Un verdict qui a profondément marqué l’assistance, rapporte L’Observateur.
Son histoire, empreinte de douleur et de zones d’ombre, a tenu en haleine toute la salle d’audience. Originaire de la commune de Dramé Escale, dans le département de Nioro du Rip (région de Kaolack), A. Tall a passé sept années cloîtré entre les quatre murs de la prison de Mbour, accusé d’un crime particulièrement sordide.
Les faits remontent au 25 décembre 2019. Tôt le matin, les éléments de la brigade de recherches de Saly Portudal sont informés de la découverte du corps sans vie d’une jeune femme au bord de la piste latéritique menant vers la forêt classée de Saly Portudal. La victime sera plus tard identifiée comme F. Ndao, prostituée, divorcée et mère de deux enfants, originaire elle aussi de Dramé Escale. Son corps, nu, maculé de sperme et la bouche ensanglantée, est acheminé à la morgue de l’hôpital Thierno Mouhamadoul Mansour Barro de Mbour après les constats d’usage, selon L’Observateur.
Une enquête est aussitôt ouverte. Grâce à la géolocalisation des téléphones portables de la victime, les enquêteurs découvrent qu’un des appareils est utilisé par A. Tall. En février 2020, ce dernier est interpellé en pleine journée lors d’une foire à Joal. Il est trouvé en possession des deux téléphones de F. Ndao, ainsi que d’un sachet contenant plusieurs de ses effets personnels : une pièce d’identité, une chaîne, une pommade, un autre téléphone portable et une perruque. Des éléments jugés suffisamment accablants pour justifier son arrestation et son placement sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Mbour.
Face aux enquêteurs, A. Tall nie catégoriquement être l’auteur du crime. Marié et père de famille, il soutient d’abord ne pas connaître la victime, avant de revenir sur ses propos. Il admettra finalement l’avoir connue sous le nom de Rokhy Ndao, affirmant qu’elle avait travaillé ponctuellement chez lui comme femme de ménage lors de la foire de décembre 2019. Toutefois, il continuera de nier toute relation intime ou amoureuse avec elle, tout comme toute implication dans sa mort, précise L’Observateur.
Vendredi dernier, à la barre de la Chambre criminelle de Mbour, A. Tall est longuement revenu sur les circonstances de son arrestation. Il explique avoir récupéré les affaires de la défunte en pensant qu’un client les avait oubliées sur la table où il tenait son commerce. Selon sa version, il aurait activé l’un des téléphones un mois plus tard, une fois de retour dans son village, dans l’unique but de permettre à son propriétaire de le contacter. Une initiative maladroite qui entraînera sa géolocalisation et, finalement, son arrestation.
Cette ligne de défense n’a toutefois pas convaincu le parquet. Le procureur a requis la réclusion criminelle à perpétuité, estimant les charges suffisamment lourdes. Mais au terme des débats, la Chambre criminelle de Mbour a tranché en faveur de l’accusé. Faute de preuves irréfutables établissant sa culpabilité, A. Tall, âgé de 49 ans, a été acquitté et remis en liberté après sept années de prison, conclut L’Observateur.
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