Lucarne du 5 février : Des paroles et des candidats


El Hadj Issa Sall  a repris du poil de la bête et de la voix à l’Ucad, milieu estudiantin assumé et familier de son université privée. Il continue de raser gratis, promettant à chaque étudiant de l’inscrire dans sa région au lieu de l’envoyer ailleurs, oubliant que l’université est un lieu de brassage qui fait le lit de la nation et des amitiés indéfectiblesUne université fréquentée que de Kaolackois ou de Saint-Louisiens, quel ennui ! L’euphorie des premiers jours pour le candidat débutant fait perdre tout raisonnement. La caravane s’est amusée aujourd’hui. On montre ses foules pour rivaliser avec « les fortes mobilisations pour Macky Sall », comme titré par Le Soleilde ce mardi.

Idrissa Seck  en tournée dans les foyers religieux de sa région de Thiès, premiers des électeurs, son discours est y bien léché, rien à redirel’homme a des capacités de communication et d’interaction, comme le montre son jeu de questions-réponses avec le public de Thiénéba ou Khombole.  Lrécente pénurie d’eau de ce week-end est bienvenue pour les concurrents du président sortant et pour Idy. Il sait tenir son assistance en haleineet mettre les rieurs de son côté avant de revenir à son gimmick : taper sur Macky Sall. A Khombole, Diattara était trop visible dans le champ visuel, un peu perturbant….

Ousmane Sonko s’est mis cette fois  dans la peau d’un sosie de Salva Kir ou d’un Al Capone avec un nouveau couvre-chef de type BorsalinoMais pas à la bonne taille et toujours de la contrefaçon … Pas cohérent comme stratégie visuelle pour Monsieur Transparence en apparence. Peut-être par Solidarité avec les petites mains ouvrières qui les fabriquent dans les ateliers insalubres des pays pauvres pour deux sous. Sinon, dans le discours, des banalités encore, du déjà-vu et déjà-entendu au Sénégal depuis 60 ans. A Kaolack, le dragage du port qu’il promet est déjà entamé. Kaolack, dit-il, ville de transports, ville industrielle, blablabla. Un discours terre à terre parfaitement adapté à un public qui vient de naître politiquement et n’ajamais voté. Est-ce qu’il s’entend parler ou pire s’écoute-t-il en parlant ? Il est toujours temps d’apprendre l’humilité et de rectifier.

Madické Niang  manifeste encore unepréférence religieuse confrérique avec ces images en compagnie de chefs religieux de sa confrérieBob, et à part cela ? Le candidat montre des signes de fatigue évidents. Une campagne électorale n’est pas une plaidoirie au tribunal d’instance de Dakar avec des clients prestigieux ni un siège douillet de député Place Soweto. C’est un marathon de 21 jours, une course de fond, il vaut mieux avoir une préparation physique adéquate, des super-vitamines et pouvoir donner de la voix. 

Macky Sall débute lui aussi -rapidement- avec une atmosphère religieuse. Décidément, les lieux de prière sont bien vus même pour le président sortant. Ce qui tranche d’avec les autres candidats, c’est sa stratégie médiatique et particulièrement audiovisuelle bien huilée. Il a l’air d’avoir pris ses vitamines car il a la forme. A Louga et Kébémer, bien vu son hommage aux anciens présidents Diouf et Wade et aux anciens responsables du PS, dont le premier transporteur sénégalais Abdou Karim Fall dit AKF. Il y a foule certes, surtout des foules que l’on sent motivées etdéterminées, c’est la prime au sortant, l’avantage attaché au président sortant.

Manel Codou Ngoye

Mardi 5 Février 2019
Dakaractu




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