KOLDA : Adja Gnagna Fall Ba se confesse dans son roman « le petit carnet d’une colombe. »


 L’espace littéraire koldois s’enrichit d’un nouveau roman « le petit carnet d’une colombe » d’Adja Gnagna Fall Ba. Dans ce carnet, elle ouvre grandement les portes de son cœur abattu par la mort brusque et tragique de son époux Tidiane Ba. Malgré ce désarroi, à travers ces lignes, elle exprime une nouvelle vie dans le but de semer des graines d’amour et de paix dans tous les cœurs meurtris. Ainsi, se sentant à l’image des autres femmes souffrant de la même situation, la colombe « blanche » est une paix du cœur. Pour elle, écrire a été une « thérapie » pour apaiser un peu sa souffrance due à la perte d’un être cher. D’ailleurs, le titre est révélateur car beaucoup pourraient se voir dans ce titre.
 
Elle se justifie en ces termes : « c’est la mort de mon mari qui a été un choc comme une décharge électrique dans ma vie au moment où je ne m’y attendais pas. Avec ce choc, j’ai jugé nécessaire pour me relever d’écrire ce roman intitulé le petit carnet d’une colombe pour apaiser ma langueur, voire ma tristesse... » 
 
Ce roman de 123 pages de la collection arc-en-ciel est édité par les éditions Aminata Sow Fall. L’auteur Adja Gnagna Fall Ba est enseignant de formation avant d’embrasser la politique où elle occupera de grands postes comme conseillère de la République et présidente de la commission genre et droits de la femme entre autres.
 
Dans ce roman, le lyrisme personnel traduit la souffrance, la tristesse dans les contemplations « aujourd’hui » à l’image de Victor Hugo qui a perdu sa fille Léopoldine dans la Seine à Paris. Elle retrace aujourd’hui avec souffrance ses quarante-sept ans de vie commune avec son défunt époux, aujourd’hui comme Victor Hugo. C’est pourquoi, quand elle parle d’elle, elle parle des autres femmes ayant subi la même souffrance. Tout le choix des mots, de la syntaxe, de l’expression renvoie à la souffrance du manque de l’autre voire du vide à combler.
 
Adja Gnagna Fall Ba n’a pas choisi d’être le personnage de l’auteur François Mauriac, la princesse de Clèves préférant la souffrance solitaire du domaine de Coulommiers où elle périra de langueur. Au contraire, elle a pris sa plume pour extérioriser toute sa tristesse interne pour avoir une thérapie.  Elle affronte la réalité en ces termes « le dimanche cinq mai 2013 à 10 h 36 mn mon téléphone sonne…J’ai un pincement au cœur…Il (docteur Gaye) m’annonce la terrible nouvelle. Tidiane venait de décéder. Quel coup ! Mon compagnon de quarante-sept ans de vie commune venait de me quitter sur la pointe des pieds, sans me laisser un mot… » À la seule définition de ces mots, elle dit « tenir le combat et ces mots extériorisés représentent une grande thérapie pour ma personne,  même s’il faut faire avec les séquelles… »
 
Selon elle, celui qui lira ce roman pourrait y voir une solution à ses problèmes. Et en partageant cette douleur avec les autres étant dans la même situation que moi, elles pourront se relever malgré la douleur toujours existante.
 
Ce roman est comme un trait d’union entre l’auteur et son défunt mari puisque la dernière phrase du livre est assez révélatrice « nous nous reprendrons. Alors à plus tard ! »
Jeudi 4 Février 2021
Dakaractu



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