Justice sénégalaise : Cheikh Ibrahim Mouhidine Diallo défend les magistrats et appelle au respect absolu de la loi

Lors de la dixième conférence annuelle du Dahira Baladji Amine, organisée à l’Ucad 2 autour du thème « L’Islam et la Justice », Cheikh Ibrahim Mouhidine Diallo a livré un plaidoyer appuyé en faveur d’une justice indépendante et impartiale. Comme le rapporte L’Observateur, le guide religieux a salué la compétence des magistrats sénégalais, rappelé que nul ne doit se placer au-dessus de la loi et invité la jeunesse à rejeter la violence.


La justice présentée comme le socle de la paix sociale
 
Justice sociale, justice environnementale, responsabilité gouvernementale, indépendance des magistrats et culture du pardon : Cheikh Ibrahim Mouhidine Diallo a développé une conception large de la justice.
 
Le khalife de Madinatoul Cheikh Abdou Khadre Djeylani s’exprimait devant une salle comble, lors de la dixième conférence annuelle du Dahira Baladji Amine, tenue dans la salle de visioconférence de l’Ucad 2.
 
La rencontre, placée sous le thème « L’Islam et la Justice », lui a permis de présenter l’institution judiciaire comme l’un des principaux piliers de la paix sociale et de la cohésion nationale.
 
Selon L’Observateur, le guide religieux ne s’est pas limité à la justice rendue par les tribunaux. Il a également évoqué la justice sociale, la protection de l’environnement, la responsabilité des gouvernants et le pardon comme instrument de réconciliation.
 
Un hommage appuyé aux magistrats sénégalais
 
Dans un contexte où l’institution judiciaire fait régulièrement l’objet de critiques, Cheikh Ibrahim Mouhidine Diallo a pris sa défense sans ambiguïté.
 
Il affirme devant l’opinion que les magistrats sénégalais sont compétents. Comparant le fonctionnement de la justice nationale à celui de plusieurs pays de la sous-région, il estime qu’« il n’y a même pas photo ».
 
Le guide religieux rend ainsi hommage aux magistrats, procureurs, avocats, greffiers, notaires et huissiers. À travers cette énumération, il salue l’ensemble des professionnels qui contribuent au fonctionnement du système judiciaire.
 
Il félicite également Me Moussa Sarr pour sa nomination à la tête du ministère de la Justice.
 
« Nul ne doit se placer au-dessus de la loi »
 
Cheikh Ibrahim Mouhidine Diallo insiste sur un principe fondamental : l’égalité de tous devant la loi.
 
Pour illustrer son propos, il raconte un épisode survenu à l’approche de la Tabaski. Un membre des forces de défense et de sécurité l’aurait informé d’une opération susceptible de concerner certaines personnes de son entourage.
 
Sa réponse, rapportée par L’Observateur, aurait été sans équivoque : même si l’intervention devait le concerner personnellement, les forces de l’ordre devaient accomplir leur mission sans considération particulière.
 
Le guide religieux affirme qu’il ne protège pas les personnes qui enfreignent les règles et qu’aucun citoyen ne saurait se considérer au-dessus de la loi.
 
Les autorités invitées à respecter les décisions de justice
 
Le khalife ne limite pas cette exigence aux citoyens ordinaires. Il exhorte également les pouvoirs publics à respecter les décisions rendues par les juridictions.
 
Dans sa conception, l’indépendance de la justice suppose que les magistrats puissent exercer leurs fonctions sans influence politique, personnelle ou sociale.
 
Le juge, soutient-il, doit demeurer équidistant des parties et ne jamais être guidé par la passion. Toute pression extérieure risquerait de fragiliser l’impartialité indispensable à la crédibilité de l’institution judiciaire.
 
La référence au Coran et à l’exemple du Prophète
 
Cheikh Ibrahim Mouhidine Diallo rattache son plaidoyer aux enseignements de l’islam. Selon lui, le terme « justice » apparaît à vingt-huit reprises dans le Coran, ce qui illustrerait sa place centrale dans la tradition musulmane.
 
Il évoque également l’exemple du Prophète Mouhamed, qui aurait affirmé que sa propre fille Fatima aurait été sanctionnée si elle avait commis un vol.
 
À travers cette référence, le guide religieux rappelle que la loi doit s’appliquer à tous sans distinction, quels que soient le rang social, les liens familiaux ou la proximité avec les détenteurs du pouvoir.
 
Un avertissement contre la loi du plus fort
 
Le khalife alerte également sur les conséquences d’une société dans laquelle les plus puissants et les plus riches bénéficieraient systématiquement d’un traitement favorable.
 
Si les plus fortunés devaient toujours imposer leur volonté, prévient-il, le chaos finirait par s’installer.
 
La justice doit donc protéger l’équilibre de la société et empêcher que le pouvoir économique ou politique ne se transforme en privilège devant les tribunaux.
 
Le pardon comme autre forme de justice
 
Au-delà des décisions judiciaires, Cheikh Ibrahim Mouhidine Diallo plaide pour la culture du pardon.
 
Il estime que les individus doivent accepter que nul n’est parfait et que chacun peut commettre des erreurs. Une pratique plus fréquente du pardon pourrait, selon lui, éviter que de nombreux différends soient systématiquement portés devant les juridictions.
 
Cette invitation à la réconciliation ne doit toutefois pas servir à affaiblir l’impartialité des magistrats ou à contourner la loi. Le pardon relève d’une démarche sociale et humaine, tandis que la justice institutionnelle doit continuer à être appliquée avec rigueur.
 
Un appel pressant à la jeunesse
 
Le guide religieux conclut son intervention par un appel adressé aux jeunes. Il les invite à rejeter toutes les formes de violence, à poursuivre leurs études avec sérieux et à préparer leur avenir.
 
Convaincu que le développement du Sénégal dépend de leur engagement, il appelle également ses disciples à ne pas répondre aux attaques ou aux polémiques circulant sur les réseaux sociaux.
 
Son mot d’ordre est clair : « Soyez fair-play ». Le khalife assure que ses prises de position ne sont motivées que par la recherche de la vérité.
Lundi 13 Juillet 2026
Dakaractu



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