Inondations : Les fortes recommandations d’experts pour éviter une situation similaire à celle de l’année dernière. (Rapport)

Le dérèglement climatique a engendré une série d’inondations dans le Sahel. Au Sénégal, celles de l’année dernière ayant fait plusieurs décès, ont suscité une enquête. De cette enquête est ressortie une série de recommandations d’experts que Dakaractu livre dans les lignes qui suivent.


Revivre une situation identique à celle de l’année dernière est chose évitable si les recommandations faites à l’État, aux collectivités locales et aux organismes internationaux sont respectées et mises en œuvre. Cela est apparu dans un rapport parcouru par Dakaractu. 

 

Un document de 46 pages qui a mis en exergue des recommandations tirées de l’Enquête de base pour l’évaluation des besoins post-catastrophes (Pnda) pour mesurer l’impact des inondations de 2020 au niveau des ménages sinistrés.

 

Dans ce rapport, il a été relevé 3 niveaux de responsabilités qui pourraient venir à bout des inondations si elles mettaient en œuvre ces recommandations, à elles faites.

 

Sous ce chapitre, il est suggéré, au ‘’niveau communautaire, aux autorités, de ‘’capitaliser les dynamiques et initiatives communautaires de préparation, de réponse et de relèvement aux inondations, notamment celles conduites par les femmes et les jeunes pour toute intervention dans le domaine’’. Il s’agira, à ce niveau, surtout ‘’des activités liées à la diffusion des alertes inondations, de la sensibilisation sur l’effet des inondations au niveau des différents secteurs (santé : maladies hydriques ; agricultures : périodes de semis ; moyens de subsistances : conduite à tenir pour éviter la perte et l’endommagement des actifs domestique, etc...). Il en va de même pour les activités de curage des canaux de drainage des eaux avant, pendant et après saison des pluies’’.

 

La transformation des zones non aedificandi (zones de dépression), en zone d’habitation indexée

 

Au niveau étatique, le gouvernement est appelé à ‘’doter les autorités décentralisées (régional, départemental, municipal) d’outils d’aide à la décision pour la gestion des inondations. Pour se faire, appel lui est fait, entre autres, de ‘’procéder à des cartographies des zones exposées aux risques d’inondation des localités qui prennent en compte les enjeux (infrastructures et équipements réalisés ou prévus) ainsi que les prévisions probablistiques des phénomènes extrêmes liés aux pluies’’. 

 

Il s’agira, selon ledit rapport, ‘’de doter, aussi, ses autorités de plans de contingences qui prennent en compte les risques identifiés au niveau micro local et les mesures de mitigations qui y sont associées’’ ; ‘’corriger l’occupation du sol, afin d’augmenter le faible ratio entre la capacité d’absorption du sol et la lame d’eau tombée’’ ; ‘’améliorer le faible niveau de perméabilité des sols, tout en augmentant le processus de percolation (infiltration)’’ ; ‘’repenser la réduction progressive des surfaces d’infiltration (causée par l’étalement du tissu urbain)’’.

 

Cette liste de recommandations faites aux autorités est loin d’être exhaustive. Dans ce rapport, il est préconisé fermement d’éviter ‘’la transformation des zones non aedificandi (zones de dépression), en zone d’habitation, durant la longue période de sécheresse ; de concevoir des ouvrages d’assainissement adaptés, pour limiter les impacts négatifs de l’écoulement de surface ; de réhabiliter les ouvrages de rétention d’eau de pluie comme les bassins de rétention ; de redimensionner et d’étendre le réseau d’assainissement, parallèle à la taille de la population ; d’éviter l’obstruction des canaux d’évacuation des eaux de pluies par les déchets solides ; d’éviter d’occuper les zones où les nappes phréatiques affleurent, comme cela a été constaté pour l’essentiel des zones inondées à Dakar’’. 

 

Mais, également, de ‘’procéder à la réduction des zones d’épandage des crues (comme les localités situées sur les berges du fleuve. Exemple : Saint-Louis) ; d’éviter la dégradation ou la disparition du couvert végétal (système racinaire, et stratification), parce qu’elle joue la fonction d’ouvrage de rétention, de l’eau de ruissellement, qui dévale les pentes et accède aux centres urbains (cas de Thiès)’’.

 

Urgence de redimensionner et d’étendre le réseau d’assainissement, parallèle à la taille de la population

 

Les partenaires internationaux n’ont pas été laissés en rade. Pour preuve, dans ce document ficelé à l’issue de cette enquête initiée pour mesurer l’impact des inondations de 2020 au niveau des ménages sinistrés, il a été suggéré au Système des Nations Unies de ‘’soutenir l’institutionnalisation de la dimension « Relèvement socio-économique » à travers la mise en place d’un groupe de travail relèvement précoce au sein de la Coordination humanitaire du Système des Nations Unies. La revue mondiale du système humanitaire des Nations Unies a abouti au constat d’une insuffisance dans les réponses apportées aux populations affectées notamment dans les périodes qui suivent la phase d’urgence ; de soutenir l’amélioration du cadre institutionnel de gestion des inondations ainsi que ‘’la diffusion de l’alerte issue de la Presas (Prévision saisonnière annuelle pour le Sahel’’.

 

Il est aussi constaté, selon le rapport, ‘’le retour d’expérience montre que les communautés qui ont reçu l’alerte sont plus résilientes aux inondations. C’est ce qui fonde la nécessité de réaliser cette activité en lien avec la Direction de la protection civile (Dpc) et l’Agence nationale d’aviation civile et de la météorologie (Anacim) et les autres secteurs impactés ou fournisseurs de conseils (santé, éducation, agriculture, infrastructure, assainissement, planification des politiques publiques, finance, famille et genre, etc.)’’, indique le document.

Vendredi 20 Août 2021
Dakaractu



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