Infanticide : Elle étrangle son nouveau-né, l'enveloppe avec un pagne avant de le mettre dans une valise.

Poursuivie pour infanticide, l’accusée Fatou Ndiaye âgée de 19 ans a été attraite devant la barre de la Chambre criminelle de Dakar. Elle est accusée d'avoir étranglé son nouveau-né avant de le dissimuler dans sa valise. Sur cette affaire, le procureur général a requis 5 ans de réclusion criminelle. L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 02 mars prochain.


Pour comprendre les faits, il faut remonter au jour où Fatou Ndiaye a quitté son village pour venir travailler à Dakar en tant que femme de ménage. Elle sera finalement engrossée par un certain Daouda Sène qui a refusé la paternité de l'enfant.

En détention depuis 3 ans, l’accusée Fatou Ndiaye revient sur les faits. Devant la barre elle a fait savoir que les faits ont eu lieu dans la nuit 12 au 13 décembre 2017 où elle s'est réveillée avec des douleurs au ventre qu'elle a supportées jusque tard dans la soirée. Cette nuit-là, elle est montée sur la terrasse où elle a accouché sans l'aide de personne. Au moment de l'accouchement, mon enfant ne respirait plus. Je l'ai mis dans un sachet enveloppé dans un pagne, avant de le mettre dans la valise.

Entendue pour la première fois, elle avait soutenu avoir accouché d’un enfant qu'elle a jeté dans la fosse septique. Informés de la situation, les enquêteurs ont effectué une descente sur les lieux. Et après son interrogatoire avec les pandores, l'accusée a avoué que l'enfant était dans la valise. C'est par la suite que les enquêteurs ont ouvert la valise où ils ont découvert un  nouveau-né sans vie enveloppé dans un pagne.
Interrogée par les enquêteurs sur les personnes qui étaient au courant de sa grossesse, l’accusée déclare n'avoir pas mis au courant son copain ainsi que sa propre maman, car elle ignorait comment ses parents allaient réagir.

Fatou Ndiaye estime que ce n'est qu'au septième mois de grossesse qu'elle a su qu'elle était enceinte, car il avait commencé à bouger.


Témoin des faits, M. Ndour a confié avoir partagé la même chambre que l'accusée, sans jamais avoir été au courant de sa grossesse. Le jour de son accouchement, elle geignait  de douleur et quand on lui a demandé ce qu'elle a, elle disait qu'elle avait mal aux dents. Cette nuit-là, elle était seule dans la cour et refusait d'aller se coucher. Le matin, quand on s'est réveillé, on a entendu un grand bruit, et quand nous nous sommes dépêchés sur les lieux on s'est rendu compte quelle était en train de saigner. Elle nous a dit qu'elle avait avorté. Des allégations qui n’ont pas été prises au sérieux.

Appelée à la barre, la mère de l'accusée a souligné à la Chambre qu'elle n'a jamais été mise au courant de l'état de sa fille. Elle a affirmé avoir juste reçu un appel téléphonique l'informant des faits.

Le maître des poursuites a souligné lors de son réquisitoire que l'accusée a avoué avoir caché sa grossesse à tout son entourage. Les analyses ont révélé que sur le nouveau-né, il a été dénoté des signes de strangulation. Le corps a été sianausé ce qui veut dire qu'il respirait à la naissance et par la suite sa respiration a été coupée. Selon le parquet, la matérialité des faits ne souffre d'aucun doute. C'est la raison pour laquelle le procureur a requis 5 ans de réclusion criminelle.

La défense, quant à elle, a invité l’accusateur à apporter la preuve formelle que la dame Fatou Ndiaye a ôté la vie à son enfant. Sur ce, elle plaide pour l'acquittement de sa cliente.

L'affaire a été mise en délibéré pour le 2 mars 2021...
Mardi 16 Février 2021
Dakaractu



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