Guédiawaye : “Je ne l’ai jamais oublié” … six ans après, un maçon jugé pour une agression sexuelle d’une violence extrême


Près de six années après une agression sexuelle d’une rare violence survenue à l’aube, la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye a été le théâtre d’une audience lourde d’émotion. Selon L’Observateur, un maçon de 28 ans, I. Kouyaté, alias Papo, domicilié à Thiaroye-sur-Mer, comparaît pour viol et vol avec usage d’arme au préjudice d’une marchande quinquagénaire, F. Sène.
 
Un récit glaçant, gravé dans la mémoire de la victime
 
Les faits remontent au 26 février 2020, vers 4 heures du matin. Ce jour-là, la victime quittait son domicile pour se rendre à Rufisque afin d’y écouler sa marchandise. D’après le récit livré à la barre et rapporté par L’Observateur, elle aurait été interceptée à Pikine Texaco par un homme entièrement vêtu de noir, le visage dissimulé sous un capuchon. Armé d’un long couteau à manche noir, l’agresseur l’aurait menacée avant de la traîner de force dans un bâtiment inachevé, éclairé par un lampadaire.
 
Sous la contrainte, la quinquagénaire affirme avoir été forcée à se déshabiller, projetée au sol et violée par sodomie, avant que son agresseur ne s’empare de sa sacoche contenant 9 000 FCfa et son téléphone portable. Un récit douloureux, livré entre sanglots, que F. Sène dit n’avoir jamais pu oublier. Elle explique avoir regagné son domicile après un bref passage sur son lieu de travail, avant de déposer plainte quelques jours plus tard à la gendarmerie de Thiaroye. Sa sacoche lui sera finalement restituée par une voisine, après avoir été jetée par-dessus un mur.
 
Plus troublant encore, rapporte L’Observateur, la victime soutient avoir reconnu son agresseur quelques jours après les faits, lorsqu’il serait passé devant sa maison. Les deux habiteraient le même quartier.
 
À la barre, un accusé dans la dénégation
 
 
Face à la Cour, I. Kouyaté a nié en bloc les accusations. Il a d’abord affirmé qu’au moment des faits, il se trouvait hors de Dakar, entre Saint-Louis et la Mauritanie, pour des raisons professionnelles. Une version rapidement mise à mal par les réquisitions téléphoniques de la Sonatel, qui situent son téléphone à Thiaroye Oryx le 26 février 2020. Confronté à ces éléments techniques, l’accusé finira par reconnaître sa présence dans le quartier à cette période.
 
Selon L’Observateur, la perquisition à son domicile a permis de retrouver un capuchon noir et un couteau, éléments que le parquet considère comme confortant les accusations.
 
Le parquet requiert dix ans de réclusion
 
Dans ses réquisitions, le procureur de la République a insisté sur la gravité des faits et la vulnérabilité de la victime, agressée à l’aube alors qu’elle se rendait « honnêtement à son travail ». Il a rappelé que la plainte initiale pour viol avait été déposée le 13 mars 2020 et que l’alibi de l’accusé s’était effondré face aux preuves techniques.
 
Pour le ministère public, l’absence de certificat médical ne saurait effacer la réalité d’un viol, d’autant plus que, souligne le parquet, « la modicité de la somme volée ne peut justifier une dénonciation mensongère ». Convaincu de la culpabilité de l’accusé, le procureur a requis 10 ans de réclusion criminelle.
 
Une défense offensive, la victime se désiste sur le civil
 
La défense, rapporte L’Observateur, s’est montrée particulièrement combative. L’avocat de l’accusé a dénoncé des réquisitions fondées, selon lui, sur des suppositions et des contradictions. Il a longuement insisté sur les variations du récit de la plaignante concernant la date des faits, la nature exacte de l’acte sexuel et les circonstances du dépôt de plainte. Pour la robe noire, les éléments techniques ne suffisent pas à établir avec certitude l’imputabilité des faits à son client. Il a plaidé l’acquittement pur et simple, ou à défaut, le bénéfice du doute.
 
Interrogée sur d’éventuelles réparations civiles, la partie civile a finalement choisi de se désister. À l’issue de débats âpres et chargés d’émotion, la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 3 mars prochain, conclut L’Observateur.
Jeudi 22 Janvier 2026
Dakaractu



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