Entre urgences sociales et querelles politiques / Le diagnostic sévère d’Abdou Khafor Touré: « Les Sénégalais ne mangent pas le calendrier électoral »


La vie quotidienne des Sénégalais s’est nettement dégradée depuis deux ans, selon Abdou Khafor Touré. Invité de l’émission « Jury du dimanche » sur ITV ce dimanche, il a dépeint un tableau sombre de la situation économique dans les quartiers populaires. Menuisiers, chauffeurs et ouvriers, particulièrement touchés par l’arrêt des chantiers du BTP, subissent de plein fouet le ralentissement de l’activité économique et l’absence de création d’emplois. Pour lui, le gouvernement doit impérativement se pencher sur l’amélioration des conditions de vie des populations.
 
Selon Abdou Khafor Touré, les préoccupations réelles des Sénégalais n’ont rien à voir avec l’agenda politique ou le calendrier électoral. Ce qui importe aux citoyens, ce sont les questions concrètes : le paiement du loyer, l’accès au logement, la scolarité des enfants. Des sujets sur lesquels le gouvernement serait resté quasiment silencieux durant deux ans. Lecteur assidu et hebdomadaire des communiqués du Conseil des ministres, il affirme n’avoir vu la question de l’emploi des jeunes érigée en priorité que très récemment, il y a environ un mois et demi, alors qu’il attendait cette annonce dès les premiers conseils des ministres du régime.
 
Il insiste sur l’urgence démographique avec 75% de la population âgée de moins de 34 ans, le chômage massif des jeunes et l’inadéquation entre la formation professionnelle et le marché du travail constituent, selon lui, les véritables défis nationaux. Chaque année, 300 000 jeunes arrivent sur le marché de l’emploi, sans que l’économie dispose de la capacité d’absorption nécessaire. Il regrette que les deux dernières années aient plutôt été marquées, à ses yeux, par des règlements de comptes, des procès moraux et éthiques visant l’ancien régime, au détriment des urgences économiques et sociales. Concernant le rôle de l’opposition, Abdou Khafor Touré défend une ligne de responsabilité plutôt que de radicalité. Des partis comme l’APR, le PDS ou le Parti socialiste, en tant que formations ayant exercé le pouvoir, doivent selon lui rester force de proposition et rappeler constamment aux gouvernants les urgences du pays, plutôt que de s’enfermer dans une opposition frontale.
 
Il déplore enfin que les chantiers structurants avec de l’investissement, de l’industrialisation, et l’attractivité pour les investisseurs étrangers qui n’ont pas été une priorité des autorités ces deux dernières années. Se revendiquant héritier du libéralisme fondé par Abdoulaye Wade, il rappelle l’approche keynésienne de développement portée par l’État sénégalais, initiée sous Wade puis accélérée sous Macky Sall, qu’il crédite d’avancées significatives pour le pays au cours des vingt-cinq dernières années.
Dimanche 19 Juillet 2026
Dakaractu



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