Meeting attaqué à Jaxaay : les trois versions du prévenu qui ont semé le doute au tribunal

Présenté comme l’un des participants à l’attaque d’une manifestation politique organisée par le maire de Keur Massar Sud, J. M. Diatta a soutenu n’avoir voulu que secourir une vieille dame. Mais selon L’Observateur, ses différentes déclarations devant les policiers et les magistrats ont fragilisé sa défense.


Un jeune homme poursuivi après l’attaque
 
Âgé de 20 ans et domicilié à Jaxaay, J. M. Diatta se trouvait sous mandat de dépôt depuis le 14 juillet.
 
Il était poursuivi pour association de malfaiteurs et tentative de vol sur les chemins publics au préjudice d’une dame identifiée par les initiales N. D. Sow.
 
Le principal témoin de l’affaire, Mouhamed Bilal Diatta, maire de Keur Massar Sud et organisateur de la manifestation politique attaquée, ne s’est pas présenté à l’ouverture du procès.
 
Le prévenu affirme avoir voulu secourir une dame
 
À la barre, J. M. Diatta a nié avoir participé à l’attaque. Il a déclaré s’être rendu à Jaxaay pour visiter sa petite amie, dont le domicile se situait à proximité du lieu de la manifestation.
 
Après s’être mêlé à la foule, il serait parti acheter à manger dans une gargote voisine. À son retour, il aurait entendu des cris et découvert une vieille dame agressée par des jeunes armés.
 
Il soutient être intervenu pour lui porter secours. Les assaillants se seraient alors retournés contre lui et lui auraient lancé des pierres.
 
Des déclarations différentes consignées dans le dossier
 
Cette version n’a pas convaincu le parquet. Le procureur lui a rappelé qu’au commissariat, il aurait tenu des propos différents.
 
Selon le procès-verbal évoqué à l’audience, J. M. Diatta aurait expliqué qu’il était parti acheter un repas lorsqu’il avait aperçu un ami poursuivi par la foule et présenté comme un malfaiteur. Il serait alors intervenu pour faciliter sa fuite.
 
Le prévenu a nié avoir fait une telle déclaration.
 
Le président du tribunal lui a ensuite opposé une troisième version contenue dans le dossier. Dans celle-ci, le jeune homme aurait affirmé être intervenu pour secourir la mère de sa petite amie, récemment opérée, après l’attaque des participants au meeting.
 
Le téléphone caché intrigue les magistrats
 
J. M. Diatta a également reconnu avoir demandé à sa petite amie de dissimuler son téléphone portable dans ses sous-vêtements.
 
Il a expliqué avoir pris cette précaution pour éviter que l’appareil ne soit volé dans la confusion. Cette justification n’a pas dissipé les interrogations des magistrats.
 
Une question est notamment restée en suspens : comment le maire organisateur avait-il pu l’identifier comme l’un des agresseurs s’il s’était uniquement consacré à secourir une victime ?
 
La défense accuse le maire d’avoir joué au policier
 
L’avocat du prévenu a estimé que le dossier reposait davantage sur des soupçons que sur des preuves matérielles.
 
Il a soutenu que les premières investigations évoquaient seulement un éventuel soutien apporté à un individu en fuite. Selon lui, l’exploitation du téléphone de son client n’aurait révélé aucun échange permettant de l’associer aux auteurs de l’attaque.
 
Le conseil a accusé le maire Bilal Diatta de s’être substitué aux enquêteurs en désignant lui-même le jeune homme comme suspect. Il a demandé sa relaxe pure et simple.
 
Relaxé pour association de malfaiteurs, condamné pour tentative de vol
 
Le tribunal n’a pas retenu l’association de malfaiteurs contre J. M. Diatta.
 
Il l’a toutefois déclaré coupable de tentative de vol sur les chemins publics et condamné à trois mois d’emprisonnement assortis du sursis.
 
Cette peine lui a permis d’éviter un retour en prison.
Lundi 20 Juillet 2026
Dakaractu



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