Doudou Seck Yaye Katy, chanteur de l’arène sénégalaise : «Etre resté six mois sans être informé du décès de ma mère, m’a fait mal»


Doudou Seck Yaye Katy, chanteur de l’arène sénégalaise : «Etre resté six mois sans être informé du décès de ma mère, m’a fait mal»
Devenu l’un des chanteurs attitrés de l’arène sénégalaise, Doudou Yaye Katy Seck est l’un des observateurs les plus avertis du milieu. Lui qui est dans la discipline depuis quarante cinq ans. Le verbe cru, l’homme dont le franc-parler dérange, s’est dit très honoré d’être désigné par Palla Mbengue comme parrain du combat Sococim-Cargo, remporté par le premier, dimanche dernier. Occasion ne pouvait être plus belle pour évoquer une partie de la vie de celui qui fut un «grand champion» de lutte et qui n’oubliera jamais «les six mois resté sans être informé du décès» de sa mère, alors qu’il était en prison.
Comment avez-vous intégré l’arène sénégalaise en tant que chanteur ?
Je crois avoir commencé à chanter en 1967 dans l’arène sénégalaise. Tous ces instruments que tu as sous tes yeux (clavier, kora…) je sais en jouer. Je rends grâce à Dieu. Hormis Abdoulaye Mboup et Mada Thiam, je suis le premier à chanter dans un orchestre. Le Tropical Jazz, Xalam 1 et Baobab sont mes élèves. Modestie à part, les chanteurs actuels ont profité de la moitié de mes répertoires. On s’inspire de l’œuvre de quelqu’un sans pour autant penser le rétribuer. Il faut souligner que j’ai commencé dans la lutte avant d’embrasser la carrière de chanteur. Je pesais entre 110 et 120 kilos. J’ai battu tous lutteurs dont les fils se produisent actuellement dans l’arène. Je ne citerai pas de nom. Ils se reconnaîtront. Je maîtrise toujours les techniques de la lutte. C’est la force qui me fait défaut aujourd’hui. Je n’avais intégré aucune écurie. Je suis né à Taïba Grand-Dakar, mais j’ai passé ma jeunesse à Fass. Je vais faire une révélation : j’ai appris à Tapha Guèye à lutter.

Qu’est-ce qui différencie les lutteurs de l’actuelle génération à l’ancienne ?
Celui qui croit trop au mystique ne sait pas lutter. La majorité des lutteurs de la génération actuelle croit trop au mystique. C’est l’esprit guerrier qui fait la force d’un lutteur. Si on se fait insulter dans la rue, on se bagarre sans avoir recours au mystique. Un ancien lutteur du nom de Ousmane Ngom venait avec deux bouteilles remplies d’eau de mer et battait son vis-à-vis facilement. Balla Bèye 1 exigeait du marabout de lui restituer son argent s’il revenait vaincu. Les lutteurs de l’ancienne génération, en plus d’être techniques, étaient très courageux. Je me souviens de Mbagnick Ndiaye, un vrai guerrier… Malheu­reu­se­ment, au­jour­d’hui, on ne parle que de violence. Je prie pour la paix des cœurs et demande aux supporters d’être fair play, aux autorités de ne pas verser dans les règlements de comptes. Je regrette la disparition du vénéré El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh qui jouait le rôle de régulateur. Ce grand érudit intervenait lorsqu’il y avait une tension sociale. Il faut que les marabouts prennent leur bâton de pèlerin pour conscientiser la masse.

Comme par hasard, les fils des anciens lutteurs tirent quand même leur épingle du jeu. N’est-ce pas paradoxal alors ?
Tous les fils des anciens lutteurs ne savent pas lutter. Il n’y a que Balla Gaye 2 (fils de Double Less) qui a hérité de son père la pleine maîtrise de la lutte pure. Il est plus guerrier même que son père. Je ne suis fan d’aucun lutteur. Je réclame mon amitié avec Double Less. Boy Niang, qui est mon neveu, porte bien l’héritage de son père, De Gaulle à qui j’ai appris à lutter. Idem pour Ama Baldé dont le père est l’ancienne gloire, Falaye Baldé. Gouye Gui est un bon lutteur. Par contre, si Cheikh Niang avait suivi les pas de son père, il aurait atteint les sommets de l’arène. Un lutteur doit être courageux.

Quel est le combat qui vous a le plus marqué ?
Le combat mettant aux prises Boy Pape Mballe et Mbaye Guèye. Ce qui m’a le plus frappé lors de cette confrontation, c’était de voir Mbaye Guèye s’agripper aux grilles, à l’arène Mbakhary Thiam pour échapper à Boy Pape Mballe. Ce dernier avait réussi à le ceinturer. L’explication entre Toubabou Dior et Pape Kane également. Je rappelle qu’un chérif habitant à Thiaroye avait donné un ballon de tennis que Papa Kane se mettait à jongler. Papa Kane avait une force redoutable grâce à laquelle il a eu à battre des lutteurs comme Robert Diouf, Double Less et Mbaye Guèye. Ironie du sort, lorsque Pape Kane est venu croiser Touba­bou Dior, ce dernier l’avait roué de coups jusqu’à ce qu’il se cache derrière moi. Il y a aussi celui entre Mbitta Ndiaye et Boy Pape Mballe. Ce dernier giflait ses adversaires. Mais Mbitta Ndiaye l’avait devancé dans sa stratégie.

Avez-vous un souvenir qui restera à jamais gravé dans votre mémoire ?
Ce qui m’a fait mal, c’est d’être resté six mois sans être informé du décès de ma mère. En ce moment, j’étais emprisonné pour trois ans après avoir fracturé la mâchoire d’un homme. Je pesais 110 ou 120 Kilos. Raby Lam, la fille de Meïssa Lam venait seule me rendre visite. Les gardes pénitentiaires du Camp pénal où j’étais emprisonné, me laissaient me promener. Ils avaient confiance en moi.

Pensez-vous que la lutte vous soit reconnaissante avec votre vécu dans l’arène ?
Je trouve que les lutteurs ne sont pas reconnaissants. Celui dont tu as contribué à la réussite de sa carrière, t’oublie une fois qu’il réussit. Les lutteurs doivent re­mer­­­cier Petit Mbaye, Gas­ton Mben­­gue, Luc Nicolaï (pro­mo­teurs) et les autres. C’est grâce à eux si certains roulent en Pajero ou ont une maison. Ils ne doivent pas être am-nésiques au point d’oublier qu’ils squattaient la demeure de ces promoteurs à la recherche d’un combat.

Qu’est-ce que cela vous a fait d’être désigné par le promoteur Palla Mbengue, com­me parrain d’une de ses affiches ?
Le premier à m’avoir fait cet honneur, c’est Ibrahima Ndoye. Je me sens honoré par le geste de Palla Mbengue. Ce parrainage, je l’ai dédié au ministre de la Culture et du Tourisme (Youssou Ndour). On a des liens de parenté.

Qu’avez-vous ressenti le jour J ?
J’ai pleuré le jour du combat. J’étais ému. J’ai suivi le promoteur à la télévision faire un beau témoignage sur moi. Je n’ai que mes prières à formuler à son endroit.

Une lecture de la victoire de Sococim sur Pape Cargo ?
J’avais dit que le lutteur qui sera attentiste serait mis Ko. Voilà !
amadoumbodji@lequotidien.sn
Samedi 23 Juin 2012
LE quotidien




1.Posté par Bbethio le 23/06/2012 15:50
Sacré vieux soulard

2.Posté par TEUSS le 23/06/2012 22:06
ho grand doudou en 1988 au camp penal bouma doon dieun salade pour reere thi champ prisonier you camp penal daguko doon deeg mouy way thi biir prison bi

3.Posté par Shiti tite le 24/06/2012 01:29
ki deh soulard leu

4.Posté par paco le 24/06/2012 11:03
GRAND BAYIL MANDI.
TOUBEUL BALA DE DI GNEUW

5.Posté par S/s le 24/06/2012 20:23
fene rekh quand sa mére est dcd il a ete mis au courant la meme jour arrete de jour a la victime vieux :::::::::::::::::::::

6.Posté par lol le 25/06/2012 12:01
Resté 6 mois sans être informé du décès de votre mère? Ayez honte de dire une chose pareille monsieur! car cela veut dire que vous ne vous occupiez pas d'elle!



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