Une délégation ivoirienne conduite par Cédric Édouard Yapi, président de la Fondation Tano Kora, a effectué une visite officielle à l’île de Gorée, haut lieu de mémoire de la traite négrière. Organisée en collaboration avec l’Ambassade de Côte d’Ivoire au Sénégal et coordonnée par Hemliss Selly, cette mission s’inscrit dans une dynamique de coopération culturelle et diplomatique entre Dakar et Abidjan.
Au cœur de cette visite, la Maison des Esclaves, symbole universel de la mémoire de l’esclavage. La délégation est venue s’enquérir de l’impact d’une œuvre offerte en 2025 à l’État du Sénégal par la fondation, en partenariat avec l’artiste ivoirien Massachula. Intitulée Kunta Kinte, la sculpture est aujourd’hui installée dans ce site emblématique.
« Nous sommes ici dans un lieu chargé d’histoire, avec une portée mondiale. Cette visite traduit notre volonté de contribuer au rayonnement des cultures africaines et de renforcer les liens entre nos pays à travers la mémoire et l’art », a déclaré Cédric Édouard Yapi.
Pour lui, ce geste artistique s’inscrit dans une démarche plus large : celle d’une diplomatie culturelle fondée sur la transmission, la commémoration et la quête de liberté.
Le président de la fondation souligne également la dimension symbolique de Gorée : « On pardonne, mais il faut commémorer. Les générations futures doivent connaître cette histoire pour mieux construire l’avenir. »
Du côté de la conservation du site, l’initiative est saluée. Georges Denis Diatta, conservateur adjoint de la Maison des Esclaves, y voit une reconnaissance internationale du travail mémoriel mené à Gorée. « Recevoir une œuvre aussi symbolique que celle de Kunta Kinte est un honneur. Cela montre que le récit que nous portons trouve un écho au-delà de nos frontières », affirme-t-il.
Il rappelle que l’île de Gorée, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978, occupe une place singulière dans l’histoire universelle. « Gorée n’appartient plus seulement au Sénégal. C’est un patrimoine de l’humanité, protégé par des conventions internationales », souligne-t-il.
Cette visite intervient également dans un contexte de réflexion sur la gestion future du site, avec la mise en œuvre du plan de gestion 2026-2031. Pour les autorités culturelles, les initiatives comme celle de la Fondation Tano Kora participent à inscrire durablement Gorée dans une dynamique internationale de mémoire et de conscience.
Dans le prolongement de cet engagement mémoriel et culturel, la Fondation Tano Kora annonce par ailleurs l’organisation d’un hommage à Michèle Boni Yapi, prévu le dimanche 10 mai 2026 à partir de 14h à la Place du Souvenir africain de Dakar. Cet événement s’inscrit dans la continuité des actions portées par la fondation en faveur de la transmission, de la mémoire et de la valorisation des figures engagées du continent.
À travers cette démarche, la fondation ivoirienne entend promouvoir une vision panafricaine de la culture, où mémoire, art et diplomatie se conjuguent pour accompagner ce qu’elle qualifie de « renaissance africaine ».
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