Enseignant-chercheur, écrivain et cadre dans le secteur des télécommunications, Paul Sédar Ndiaye fait partie de cette génération d’auteurs sénégalais qui puisent leur inspiration dans les réalités sociales, la culture et les valeurs africaines. Ancré dans son terroir et profondément attaché à la tradition sérère, il navigue entre plusieurs univers sans jamais perdre son identité.
Auteur de trois ouvrages, Téranga, la gestion de l’hospitalité, L’Équilibre du cœur et Les Larmes de Mossane, l’écrivain explique que, malgré leurs dates de parution rapprochées, ces livres lui ont valu plusieurs années de travail.
" Ces ouvrages ont été écrits sur une longue période. Mais grâce à l’accompagnement de mon mentor, le professeur Samba Ndiaye, ils sont finalement sortis presque au même moment ", confie-t-il.
Dans ses écrits, Paul Sédar Ndiaye raconte des scènes de la vie quotidienne à savoir: une discussion dans un car rapide, un échange avec un étudiant, des fragments de la tradition sérère ou encore des réalités sociales profondément humaines.
À travers Téranga, la gestion de l’hospitalité, l’auteur développe une réflexion sur le management et les relations humaines. Pour lui, " le concept de téranga n’est rien d’autre que l’intelligence émotionnelle. C’est une valeur que nous devons davantage intégrer et valoriser dans le management ", explique-t-il.
L’écrivain rend également hommage à Kocc Barma Fall, célèbre philosophe sénégalais, qu’il considère comme une référence majeure de la pensée africaine. " Kocc Barma Fall est quelqu’un qui possède énormément d’adages et de sagesses populaires. Il mérite d’être enseigné dans les écoles sénégalaises, au même titre que Descartes ou Platon ", soutient-il.
Son ouvrage L’Équilibre du cœur s’inspire d’ailleurs d’un célèbre adage de Kocc Barma Fall : " Djiguéne sopal té boul wolou ", ce qui signifie en français , " Aime ta femme mais ne lui fais pas totalement confiance ".
" C’est en quelque sorte un hommage rendu à Kocc Barma Fall. Le livre parle d’amour à travers l’histoire d’un couple, Yeuma et Alassane, qui partage tout avant de traverser des difficultés ", explique l’auteur.
Concernant Les Larmes de Mossane, l’écrivain reconnaît avoir lui-même été bouleversé par l’histoire qu’il raconte.
" Ce livre m’a vraiment donné la chair de poule. Je me suis demandé si des jeunes filles vivaient réellement ce genre de situation ", raconte-t-il.
Le roman retrace le destin de Mossane, une brillante élève, major de son centre au BFEM, victime de viol et rejetée par son père. Contrainte de quitter son foyer, elle rejoint Dakar pour tenter de survivre et élever son enfant.
Actuellement doctorant en sciences de gestion à l’ESG de Lyon, Paul Sédar Ndiaye nourrit encore plusieurs projets littéraires et académiques. " Pour 2027, je souhaite poursuivre les ateliers littéraires afin d’accompagner les jeunes dans la lecture. J’ai également le projet de publier un ouvrage sur le développement personnel vu du Sénégal ", annonce-t-il.
Pour lui, le développement personnel existe déjà dans les réalités culturelles sénégalaises. " Notre culture regorge de valeurs et de pratiques qui relèvent du développement personnel. Nous les vivons tous les jours sans forcément les conceptualiser ", estime-t-il.
Sans se mettre de pression sur les délais, l’auteur envisage une publication dans les prochaines années. " Je ne suis pas pressé. Peut-être en 2028, probablement sous forme d’essai ", conclut Paul Sédar Ndiaye.
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