L’élimination du Sénégal face à la Belgique (3-2 après prolongation), ce mercredi à Seattle, restera comme l’une des désillusions les plus amères de ce Mondial 2026. Menés 0-2 jusqu’à la 85e minute, les Lions de la Teranga se sont fait rattraper puis surclasser en l’espace d’une demi-heure. Mais il ne faut pas simplement se limiter à ce scénario spectaculaire de la 86e à la 120e+5. Disons-le sans sourciller : cette sortie de route interroge sur des failles structurelles bien plus profondes qu’un simple concours de circonstances.
N’y a-t-il pas eu une gestion du « money-time » en trompe-l’œil? Le premier constat s’impose de lui-même. En effet, la gestion du money-time reste, encore une fois, un point noir. Les hommes de Pape Thiaw ont opté pour le repli plutôt que pour la continuité de leur jeu offensif, pourtant payant durant plus d’une heure. Ce choix a offert le round d’initiative à une équipe belge portée par un banc autrement plus fourni. Le danger n’est pas venu d’une quelconque supériorité technique adverse. En réalité, la Belgique a longtemps été poussive dans ce match mais d’un relâchement collectif au moment précis où il fallait, au contraire, verrouiller la rencontre.
Le sélectionneur sénégalais n’échappe pas non plus à la critique. La sortie de Pape Gueye, pourtant équilibriste du milieu de terrain durant tout le tournoi, a fragilisé l’entrejeu sénégalais à un moment charnière du match. Son remplaçant, Lamine Camara, a connu une entrée compliquée : averti rapidement pour un geste dangereux, il a ensuite concédé le penalty qui a offert la qualification à la Belgique, à la 120e+5. Autre choix contesté, c’est l’entrée d’Ibrahim Mbaye à la place d’Iliman Ndiaye, qui n’a pas apporté le surplus de percussion escompté, le jeune attaquant se retrouvant souvent seul face à plusieurs défenseurs, sans soutien proche pour multiplier les appels de passes. Les choix de coaching n’interrogent-ils pas? En tout état de cause, ses décisions, prises dans le feu de l’action, ont nourri un sentiment d’incohérence tactique déjà pointé du doigt par plusieurs observateurs pendant le tournoi.
En prolongation, le Sénégal a fait le choix jugé risqué, de « laisser le ballon aux Belges » pour jouer la contre-attaque. Un pari qui a fini par étouffer les Lions plutôt que de les libérer. Sans modification du plan de jeu malgré l’essoufflement visible de l’équipe, le Sénégal n’a plus trouvé de solutions offensives dans le dernier quart d’heure, laissant toute l’initiative à des Diables Rouges revigorés par leurs retours au score successifs.
Quid du gardien? Est-il le maillon fragile en l’absence de Mendy ? Tout porte à le croire. Le forfait d’Édouard Mendy a pesé lourd dans la balance. Mory Diaw, titularisé à sa place, s’est trouvé en délicatesse sur le but égalisateur belge, à la 89e minute, manquant une sortie aérienne qui a permis à Youri Tielemans d’ouvrir la voie vers la prolongation. Un épisode qui pourrait relancer, à l’avenir, le débat sur la hiérarchie des gardiens en sélection.
Cette élimination, aussi frustrante soit-elle au regard de la physionomie du match, ne doit pas occulter le fait que le Sénégal a rejoint les seizièmes de finale par la petite porte, en tant que meilleur troisième de son groupe. Le potentiel offensif de cette équipe, porté entre autres par un Ismaïla Sarr décisif et une génération montante à l’image de Lamine Camara, Habib Diarra ou Bara Sapoko Ndiaye, reste bel et bien intact. Mais la gestion des fins de match et la lecture tactique du sélectionneur, déjà critiquées pendant le tournoi, devront impérativement être corrigées avant les prochaines échéances, à commencer par la Coupe d’Afrique des Nations.
Mais le débat sur l’avenir de Pape Thiaw a déjà pris forme ! En effet, sa succession est sans doute la question qui s’imposera dans les prochains jours. Le remplacement ou le maintien de Pape Thiaw à la tête des Lions alimente le débat public, d’autant que plusieurs cadres de l’équipe, à l’image de Pape Gueye, ont déjà exprimé leur malaise vis-à-vis du staff technique actuel. Entre un vivier de talents indéniable et une gestion collective encore perfectible, le Sénégal se trouve à la croisée des chemins. La CAN 2027, à venir, s’annonce déjà comme un premier test grandeur nature pour solder ce désamour naissant ou, au contraire, pour l’aggraver.
Cheikh Sadibou Fall, Journaliste
N’y a-t-il pas eu une gestion du « money-time » en trompe-l’œil? Le premier constat s’impose de lui-même. En effet, la gestion du money-time reste, encore une fois, un point noir. Les hommes de Pape Thiaw ont opté pour le repli plutôt que pour la continuité de leur jeu offensif, pourtant payant durant plus d’une heure. Ce choix a offert le round d’initiative à une équipe belge portée par un banc autrement plus fourni. Le danger n’est pas venu d’une quelconque supériorité technique adverse. En réalité, la Belgique a longtemps été poussive dans ce match mais d’un relâchement collectif au moment précis où il fallait, au contraire, verrouiller la rencontre.
Le sélectionneur sénégalais n’échappe pas non plus à la critique. La sortie de Pape Gueye, pourtant équilibriste du milieu de terrain durant tout le tournoi, a fragilisé l’entrejeu sénégalais à un moment charnière du match. Son remplaçant, Lamine Camara, a connu une entrée compliquée : averti rapidement pour un geste dangereux, il a ensuite concédé le penalty qui a offert la qualification à la Belgique, à la 120e+5. Autre choix contesté, c’est l’entrée d’Ibrahim Mbaye à la place d’Iliman Ndiaye, qui n’a pas apporté le surplus de percussion escompté, le jeune attaquant se retrouvant souvent seul face à plusieurs défenseurs, sans soutien proche pour multiplier les appels de passes. Les choix de coaching n’interrogent-ils pas? En tout état de cause, ses décisions, prises dans le feu de l’action, ont nourri un sentiment d’incohérence tactique déjà pointé du doigt par plusieurs observateurs pendant le tournoi.
En prolongation, le Sénégal a fait le choix jugé risqué, de « laisser le ballon aux Belges » pour jouer la contre-attaque. Un pari qui a fini par étouffer les Lions plutôt que de les libérer. Sans modification du plan de jeu malgré l’essoufflement visible de l’équipe, le Sénégal n’a plus trouvé de solutions offensives dans le dernier quart d’heure, laissant toute l’initiative à des Diables Rouges revigorés par leurs retours au score successifs.
Quid du gardien? Est-il le maillon fragile en l’absence de Mendy ? Tout porte à le croire. Le forfait d’Édouard Mendy a pesé lourd dans la balance. Mory Diaw, titularisé à sa place, s’est trouvé en délicatesse sur le but égalisateur belge, à la 89e minute, manquant une sortie aérienne qui a permis à Youri Tielemans d’ouvrir la voie vers la prolongation. Un épisode qui pourrait relancer, à l’avenir, le débat sur la hiérarchie des gardiens en sélection.
Cette élimination, aussi frustrante soit-elle au regard de la physionomie du match, ne doit pas occulter le fait que le Sénégal a rejoint les seizièmes de finale par la petite porte, en tant que meilleur troisième de son groupe. Le potentiel offensif de cette équipe, porté entre autres par un Ismaïla Sarr décisif et une génération montante à l’image de Lamine Camara, Habib Diarra ou Bara Sapoko Ndiaye, reste bel et bien intact. Mais la gestion des fins de match et la lecture tactique du sélectionneur, déjà critiquées pendant le tournoi, devront impérativement être corrigées avant les prochaines échéances, à commencer par la Coupe d’Afrique des Nations.
Mais le débat sur l’avenir de Pape Thiaw a déjà pris forme ! En effet, sa succession est sans doute la question qui s’imposera dans les prochains jours. Le remplacement ou le maintien de Pape Thiaw à la tête des Lions alimente le débat public, d’autant que plusieurs cadres de l’équipe, à l’image de Pape Gueye, ont déjà exprimé leur malaise vis-à-vis du staff technique actuel. Entre un vivier de talents indéniable et une gestion collective encore perfectible, le Sénégal se trouve à la croisée des chemins. La CAN 2027, à venir, s’annonce déjà comme un premier test grandeur nature pour solder ce désamour naissant ou, au contraire, pour l’aggraver.
Cheikh Sadibou Fall, Journaliste
Autres articles
-
Conférence des chefs d'état-major africains : le CEMGA Oumar Wade prend part aux travaux en Angola
-
Libération de Pape Malick Ndour : l'APR dénonce une « persécution politique » et réclame la libération de ses autres responsables
-
Comment le mouvement “Étincelle noire” attaque le régime russe de l’intérieur
-
Manifestations anti-immigration en Afrique du Sud: le Nigeria envisage de demander des réparations
-
Coupe du monde 2026: l'immense déception des supporters sénégalais




![[ Contribution] Sénégal-Belgique (2-3) : Autopsie d’un naufrage annoncé (Par Cheikh S. Fall) [ Contribution] Sénégal-Belgique (2-3) : Autopsie d’un naufrage annoncé (Par Cheikh S. Fall)](https://www.dakaractu.com/photo/art/default/97204286-67722496.jpg?v=1782991577)
