Après avoir agressé l'épouse de son protagoniste, l'intendant de la mosquée des Mamelles simule une blessure pour faire inculper le mari

Thierno Sadiouma Diallo, agent de sécurité de son état, a comparu devant le Tribunal d'instance de Dakar ce jeudi 05 janvier 2023. Le mis en cause est poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de travail de 15 jours au préjudice d'I. Kane.

Ainsi, il a écopé d'un mois de prison assorti de sursis après requalification des faits en menace de violence et voie de fait.


C'est une partie civile de mauvaise fois, car il résulte de l'économie des faits que la partie civile et le prévenu ont eu des antécédents. Cette haine s'est déclenchée lorsque le nommé Kane avait témoigné à la gendarmerie contre le neveu du mis en cause qui avait dérobé un vélo. 

Ayant appris l'information, le sieur Diallo a contacté la partie civile pour la menacer. Et depuis ce jour, les deux individus se regardent en chiens de faïence. 


Le 21 novembre, l'épouse du prévenu est venue rôder autour de la mosquée de Mamelles qui est en construction pour ramasser du papier ciment pour ses activités de vente d'arachide. Ainsi, la partie civile lui a interdit de toucher les papiers allant même jusqu'à la bousculer. S'en est suivie une altercation à la suite de laquelle, la dame a appelé son mari à la rescousse.  


Thierno Sadiouma Diallo arrivé sur les lieux, a défié  l'agresseur de sa femme qui n'est personne d'autre que l'intendant de la mosquée. C'est ainsi que le sieur Kane a simulé un déboîtement de l'épaule pour aller porter plainte à la gendarmerie. Arrêté, Thierno Sadiouma Diallo sera placé sous mandat de dépôt et jugé ce jeudi 05 janvier devant la barre du Tribunal d'Instance de Dakar pour des faits de coups et blessures volontaires avec un ITT de 15 jours. 

Devant la barre, I. Kane, partie civile dans cette affaire, a fait savoir qu'il croyait que c'était fini après son altercation avec l'épouse du prévenu. "Le sieur Diallo est venu à la mosquée et il m'a assommé d'un coup de bâton. C'est moi qui ai effectivement arraché les sacs de ciment de sa femme," a-t-il expliqué. 

Père de 6 enfants, le prévenu Thierno Sadiouma Diallo a nié les faits qui lui sont reprochés alléguant n'avoir jamais touché la partie civile.  "Ibrahima Kane est le gardien de la mosquée. Il a eu des démêlés avec ma femme et il avait brandi un coupe-coupe. N'eût été l'intervention  d'Ibou Sène, il allait commettre l'irréparable.
Quand je suis venu, je l'ai sommé de sortir de la mosquée pour que l'on règle le problème d'homme à homme, mais il ne l'a pas fait. Je ne l'ai même pas touché, encore moins blessé. C'est un coup monté entre lui et le chef de quartier", se dédouane-t-il.


Des déclarations balayées d'un revers de main par la partie civile qui déclare n'avoir jamais tenu une arme. Cependant, il a été trahi par les déclarations du témoin Ibou Sène qui a soutenu à l'enquête préliminaire que le nommé Ibrahima Kane était en possession d'un coupe-coupe et c'est lui-même qui le lui a arraché des mains. Ce jour-là, Thierno S. Diallo lui a ordonné de sortir de la mosquée en le menaçant, mais I. Kane n'est pas sorti. Après des heures d'attente, Diallo est reparti avec son épouse", confie le témoin.

Le juge lui notifie les éléments du certificat médical qui atteste que le plaignant souffre des douleurs à la palpation et des douleurs à l'épaule gauche et non un déboîtement. 

L'avocat de la partie civile, Me Seck, réclame la somme de 10 millions de francs Cfa à titre de réparation du préjudice. Selon le représentant du parquet, il souligne qu'il y a un problème d'imputabilité dans cette affaire, raison pour laquelle elle s'en rapporte à la sagesse du tribunal.

Le tribunal après en avoir délibéré conformément à la loi, disqualifie les faits de menaces de violence et voie de fait et le condamne à 1 mois avec sursis assorti d'une amende de 200.000 francs Cfa pour dommages et intérêts.

Vendredi 6 Janvier 2023
Dakaractu



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