Alioune Tine sur Sidiki Kaba: « C’est un l’obsédé des droits humains »


« Il y a des hommes dont la vie se confond avec leur combat. Me Sidiki Kaba en fait partie. » C’est en substance le message qu’Alioune Tine, président d’Afrika Jom Center, a délivré ce vendredi lors de la présentation de l’ouvrage de l’ancien Premier ministre sénégalais. « Un homme dont l’ADN, c’est les droits humains », lance d’emblée Alioune Tine devant le public.

 

L’ouvrage présenté couvre une période charnière notamment les années 90. Cette décennie post-guerre froide où les droits humains sont devenus la boussole des relations internationales. « C’est comme une encyclopédie de cette période », résume Alioune Tine, évoquant notamment la création de la Cour pénale internationale à Rome, où les deux hommes se sont retrouvés côte à côte. Car leur histoire commune ne date pas d’hier. De Rome à Paris, des Nations unies aux tribunaux africains, les deux militants ont partagé bien plus que des tribunes : une conviction chevillée au corps que le droit peut faire plier l’impunité.

 

L’affaire Hissène Habré reste l’un des symboles de cette lutte acharnée. Vingt ans de combat acharné aux côtés de Boucounta, Jacqueline Moudeïna, Souleymane et Delphine Djiraibe. « Ça n’a pas été une affaire facile à porter », reconnaît Alioune Tine, mais elle a fini par se régler… au Sénégal. Une victoire qui n’a rien d’anecdotique pour le président d’Afrika Jom Center qui rappelle qu’elle confirme le statut du pays de la Teranga comme terre des droits humains en Afrique, là où fut élaborée la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

 

Un livre qui tombe à pic

 

Pourquoi ce livre est-il important aujourd’hui ? Parce que le vent a tourné, répond Alioune Tine. Cette « séquence historique fantastique » des années 90 semble s’inverser. Les États-Unis de Trump se retirent des instances internationales, créant leurs propres règles du jeu. Le multilatéralisme vacille. D’où l’urgence de se souvenir et de rappeler que les Africains ont brandi la Déclaration universelle des droits de l’homme pour conquérir leur indépendance. Mais également, que le droit international n’est pas un luxe mais un rempart pour protéger légalement la souveraineté des peuples. 

 

« Me Sidiki Kaba, à travers ses 101 discours, nous offre plus qu’un recueil, un manuel de résistance pour temps difficiles et un rappel que l’obsession, quand elle est mise au service du bien commun, peut changer le monde », a servi le défenseur des droits de l’homme. 



Vendredi 30 Janvier 2026
Dakaractu



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