Alioune Thiam, l’avenir du mapping au Sénégal en résidence aux Dominicains : « Au Sénégal, un tel travail aurait été difficile à réaliser »

Le centre audiovisuel des Dominicains accueille actuellement en résidence d’artiste un vidéaste sénégalais, Alioune Thiam. Ce dernier va mener un projet sur la portée créative du numérique associant les arts plastiques à la technique du vidéo-mapping.


 Après l’arrivée ces derniers jours du musicien libanais Akram Hajj (voir notre édition de mardi), les Dominicains de Haute-Alsace accueillent depuis peu un autre artiste étranger dans le cadre des résidences d’artistes, le vidéaste sénégalais Alioune Thiam.
 Spécialisé dans le vidéo-mapping, Alioune Thiam est âgé de 29 ans et vit à Dakar. « Je suis réalisateur-monteur de formation, j’ai fait de l’animation D-3D, du montage vidéo, pas mal de stages », explique le jeune homme, fraîchement arrivé du Sénégal après un voyage éreintant.
 
« J’ai travaillé principalement dans des agences de communication, mais ça m’a vite lassé. Je me retrouvais enfermé entre quatre murs, à faire tout le temps la même chose, des visuels, des logos, ce genre de travail. J’ai eu peur de perdre ma motivation, c’est pourquoi je suis parti pour rechercher quelque chose qui me permette de donner libre cours à ma créativité, qui me permette d’évoluer. » En 2016, Alioune Thiam a eu l’opportunité de travailler avec un artiste allemand dans le cadre de la 12e Biennale de Dakar sur un projet collaboratif destiné à habiller numériquement la façade de la gare de Dakar. « C’est à ce moment-là que je suis tombé amoureux du vidéo-mapping. Dès lors, j’ai voulu explorer cet art, aller plus loin », explique-t-il. Dans sa ville natale de Kaolack, le jeune artiste se tourne vers l’Alliance française, qui lui permet d’approfondir sa techni que par le biais d’une exposition digitale d’une semaine, intitulée Mapp’Expo. « J’ai aussi participé à l’atelier « Crea’Mapp », qui m’a permis de former des jeunes de Kaolack à cette technique particulière », indique-t-il.

En 2018-2019, Alioune Thiam a rejoint l’abbaye de Noirlac, dans le Cher, également labellisée « centre culturel de rencontre », dans le cadre-là aussi d’une résidence d’artiste. « J’y ai développé un projet de vidéo-mapping à l’occasion du programme Odyssée de l’association des centres culturels de rencontre ». Ce projet Un son, une identité, était spécialement pensé pour cet endroit », explique-t-il.

Aux Dominicains, Alioune Thiam sera accueilli jusqu’au 23 février au centre audiovisuel, où il va pouvoir travailler sur son projet, Artiste 2.0 : la portée créative du numérique. « Il s’agit pour moi de proposer une expérience immersive et intéressante pour le public en combinant plusieurs disciplines artistiques, comme la peinture et le « low poly art », qui consiste à utiliser des formes géométriques comme base de création », explique-t-il. Alioune Thiam se dit « très heureux » de pouvoir travailler sur ce projet aux Dominicains, où il dispose des moyens et de l’assistance technique nécessaires pour le mener à bien. « Un tel travail aurait été difficile à réaliser au Sénégal, où le vidéo-mapping n’est pas encore très connu, et n’a pas encore sa place dans le milieu des arts plastiques, qui est un milieu d’ailleurs assez fermé », explique-t-il. « J’espère que la situation évoluera, et que le public sénégalais s’intéressera à cette expression artistique aux multiples facettes»
 
Avec l’Alsace
Lundi 21 Février 2022
Dakaractu




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